Pour un accès de tous les jeunes à l’art et à la culture

La remise du rapport sur l’éducation artistique et culturelle (EAC) dans le cadre de la Consultation « Pour un accès de tous les jeunes à l’art et à la culture » présidée par Marie Desplechin et la réforme des rythmes scolaires donnent un nouvel élan à cette question fondamentale. Administration centenaire, l’Education nationale veille jalousement sur ses prérogatives et accepte peu d’ingérence de la part des ministères voisins. A contrario, le Ministère de la culture, certes fleuron du rayonnement de la France mais laboratoire qui n’en finance pas moins depuis des décennies des structures, des artistes, des professionnels de l’enseignement et de la transmission.

Alors, l’EAC, un supplément d’âme ou une matière intégrée au « socle commun » de la scolarité ? Le débat de l’éducation artistique et culturelle à l’école est sans doute aussi vieux que la création du Ministère de la culture. Des avancées significatives ont bien eu lieu depuis une vingtaine d’années, avec la création de classes spécialisées ou encore dans les années 2000 avec une volonté politique très forte des ministres Lang (Education nationale) et Tasca (culture) qui aboutit à un plan de développement des arts à l’école. Mais avec le changement d’alternance, c’est un programme d’enseignement de l’histoire de l’art qui voit le jour, bien moins ambitieux que le projet escompté à l’origine.

L’éducation artistique et culturelle souffre d’une image élitiste et sans doute désuète qu’elle n’est pas. Les arts et la culture devraient-ils s’enseigner sous la forme d’une matière inerte – l’histoire – et non sous la forme de la pratique qui serait cantonnée aux cours de flûte à bec ou de dessin pour caricaturer (juste un peu). Qui remettrait en cause pourtant les heures d’éducation physique et sportive (EPS) où l’on pratique des sports sans jamais en apprendre leur histoire. Qui prétend que cette pratique hebdomadaire a comme ambition de former des athlètes de haut niveau ? Personne. Cette controverse est – heureusement – dépassée depuis longtemps. Pourquoi alors tant de tergiversations sur l’éducation artistiques ? La refonte du temps libre des enfants est une occasion unique de repenser sa place au cœur de l’école. Quelle existe au sein du périscolaire tant mieux. Mais c’est encore une fois privilégier ceux qui ont l’occasion de fréquenter ces activités qui leurs seraient proposées.

La culture n’est pas un supplément d’âme, ça n’est pas une option facultative que l’on pourrait passer lors du Bac, mais c’est une dimension indissociable de notre société qui a toute sa place au cœur des programmes de l’Education nationale. C’est par la culture que l’on sait d’où l’on vient, qui l’on est. C’est la culture qui permet le vivre ensemble et donc la citoyenneté. C’est encore la culture qui permet l’émancipation des individus.

Prenons l’exemple de la langue : on apprend à écrire et à parler à l’école. On peut donc exprimer ce que l’on pense, ce que l’on est. L’absence de maîtrise du vocabulaire empêche de nommer ses émotions. Un adulte qui a suivi une scolarité régulière s’exprime avec en moyenne 2500 mots. Un jeune qui sort de l’école sans s’y être réellement impliqué n’en possède qu’environ 300. Prenons ensuite un exemple d’éducation artistique et culturelle appliquée à la langue : le théâtre. L’apprentissage du texte permet l’expression des émotions et la maitrise des savoirs permet de fait une affirmation du soi.

Les acteurs de l’enseignement et de la culture doivent plus que jamais décloisonner les apprentissages et lever les obstacles qui bien souvent ne sont qu’intellectuels. A tous les niveaux du système scolaire, il faut que la culture, le patrimoine, la création puissent dialoguer, interagir

« La culture, c’est ce qui fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers » disait Malraux. A contrario, « plus les publics sont éloignés de la culture, moins ils en éprouvent le besoin », disait Pierre Bourdieu. Il y a donc urgence à intervenir.

 

14 millions de bénévoles en France

Avec plus de 14 millions de bénévoles, 1,8 millions de salariés, les 1,3 millions d’association ont le vent en poupe. Les chiffres font rougir : environ 8% de l’emploi salarié avec une progression deux fois plus rapide que la moyenne nationale (entre 1999 et 2005), un budget total de 70 milliards d’euros, 37 000 nouvelles création chaque année… Mais avec la crise mondiale, les réformes des collectivités locales, la dynamique globale du secteur souffre, et au-delà de la crise des vocations bénévoles, des tensions se font sentir sur les budgets.

 

C’est dans ce contexte que François Hollande, invité de la Conférence permanente de la coordination associative (CPCA) a pris des engagements, dans le cadre de sa campagne :

 

– rencontrer lui-même, une fois par an, l’ensemble du monde associatif pour évaluer les politiques publiques et pour favoriser l’engagement des citoyens et à consulter les associations dans le cadre de la préparation de l’acte 3 de la décentralisation.

 

– sécuriser les financements associatifs en tenant compte de leur spécificité, en renforçant la pluriannualité et la diversité des sources de financements, y compris le don.

 

– favoriser la validation des acquis de l’expérience et créer un « congé engagement » pour permettre aux responsables associatifs de disposer d’une disponibilité au sein de leur entreprise.

 

– créer 100.000 services civiques en respectant l’esprit d’engagement de ce dispositif.

 

– créer 150.000 emplois d’avenir, essentiellement des emplois associatifs.

 

Interrogé sur les trois mots qui caractérisent, selon lui, les associations, François Hollande a répondu : « Intérêt général, engagement et utilité ».

 

L’engagement bénévole s’inscrit sans aucun doute dans une démarche altruiste sans recherche d’une reconnaissance quelconque mais au service des autres. C’est là toute la beauté du monde associatif mais qui ne doit pas occulter les réelles difficultés du secteur. Les citoyens veulent de plus en plus être les acteurs de leurs propres vies dans une société où le temps de travail se réduit de manière structurelle et où le temps consacré aux loisirs augmente. La matière grise, la connaissance, le savoir, sont désormais des atouts dans la vie du citoyen ; culture et éducation construisent, émancipent, constituent la colonne vertébrale de notre société, elle permet de créer ce qu’il est convenu d’appeler du vivre ensemble. Et les associations en assurent une large part.

 

Préparer le tourisme de demain

L’attractivité de nos territoires est une préoccupation constante de ses acteurs économiques, culturels et touristiques. La France est ainsi la première destination touristique mondiale, mais troisième en termes de recettes. Ces 76 millions de visiteurs annuels représentent une réalité économique bien tangible : le premier secteur d’activité en France, soit plus de 6% du PIB français (220 000 entreprises et près de 900 000 emplois directs dans les seuls secteurs de l’hébergement et de la restauration). Et pourtant, il n’existe qu’un simple secrétariat d’Etat « du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions libérales et de la Consommation » rattaché au Ministère de l’économie, des finances et de l’Industrie. Ouf, avec une telle appellation, le tourisme est sauvé !

 

Pourtant, si la France dispose d’incomparables atouts : sa position géographique, la variété de ses paysages et climats, un patrimoine exceptionnel, une gastronomie réputée mondialement (la liste est longue), la bataille que se livre le monde entier pour attirer des touristes est forte. Des initiatives ont fort heureusement émergé ces dernières années : la création d’Atout France, fusion d’Odit France et des Maisons de la France, un nouveau maillage territorial des offices de tourismes, un essor des comités départementaux et régionaux du tourisme, du rôle des Pays, etc…. Mais ces efforts ont besoin d’être coordonné au plus haut et seule une volonté politique forte pourra donner une véritable impulsion à ce secteur économique, qui rappelons-le, n’est pas délocalisable.

 

Le Réseau des destinations départementales (RN2D), en lien avec l’Assemblée des Départements de France, a entrepris, à la veille de l’élection présidentielle, une vaste démarche de sensibilisation des élus et des acteurs locaux et propose 12 ambitions pour préparer le tourisme de demain :

 

– Renforcer la prise en compte du tourisme par l’Etat

– Mettre en place une nouvelle gouvernance touristique entre l’Etat et les territoires

– Développer de nouveaux financements pour l’action publique

– Développer des modèles de coopération inter-territoires intelligents et sur mesure

– Reconquérir la place de première destination mondiale et valoriser la marque France

– Redonner au tourisme son statut économique leader et promouvoir l‘innovation et la R&D

– Consolider la connaissance statistique, la veille concurrentielle pour un marketing plus efficace

– S’engager sans réserve dans une démarche d’amélioration de la qualité

– Faire du tourisme un modèle de développement durable

– Reconnaitre le rôle moteur pour l’emploi du tourisme

– Faire du tourisme une discipline à part entière en termes de formation

– Lutter contre les déserts numériques pour équilibrer les chances des territoires

 

Il est donc indispensable d’investir et d’innover pour que le Tourisme, essentiel pour notre Pays, tant en termes de devises, d’emploi que d’image, soit considérer à sa juste mesure.

En ballotage

A 23 ans, Édouard Courret (Arthur Molinier) a tout pour réussir : il est jeune, il est beau, il est ambitieux et il se présente dans les pas de son père pour devenir député. Édouard est de droite, comme son père (Cyril Necker), ancien ministre conservateur – frappé d’inégibilité, et promis à un avenir brillant. Un seul grain de sable vient enrayer cette belle machinerie bien huilée : le brillant politicien est amoureux d’un garçon (Sebastien Toustou) depuis 3 ans mais s’affiche aux bras de sa dulcinée (Chiara Capitani) pour ne pas déplaire à ses électeurs… et à son père.

 

Telle est l’intrigue de la pièce de Benoit Masocco , la confrontation de l’homosexualité dans le débat politique, avec en filigrane une question : comment être en cohérence avec soi-même, entre « l’être » et le « paraître ». La pièce porte avec conviction ces débats de société, qui ne semblent plus qu’enflammer la classe politique la plus rétrograde. Une partie des dialogues reprend fidèlement les propos les plus acerbes de quelques femmes et hommes politiques toujours en exercice, qui du débat sur le Pascs jusqu’à nos jours, n’ont eu de cesse de porter sur la place publique des propos homophobes les plus outranciers.

 

La classe politique qui devrait être le reflet de notre société, à l’écoute de ses valeurs, et qui devrait appréhender son évolution est dépeinte ici avec un regard acerbe et aiguisé dans ses pires travers. De Christian Vanneste – Député UMP (« Vous ne pouvez pas nier que l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité ») à Christine Boutin – du Parti Chrétien-Démocrate et récemment ralliée à Nicolas Sarkozy (« Où placera-t-on la frontière, pour un enfant adopté, entre l’homosexualité et la pédophilie ») en passant par Sarkozy pour qui l’égalité des droits est une « mode du moment‘ », tous les clichés sur l’homosexualité y passent pour mieux le confronter à l’absurdité d’une réalité bien différente.

 

(c) par le collectif Basse Intensité

Une pièce qui mélange donc humour et activisme politique, servie par des comédiens convaincants. A voir pour se détendre à l’aube d’une élection, qui on l’espère, permettra de tourner la page de cette société qui refuse encore que deux hommes ou deux femmes, puissent tout simplement s’aimer…. et qui nous interroge nous-mêmes – militants politiques sur la propre adéquation de nos discours et de nos combats, avec le plus intime de nous-mêmes.

 

Du 16 Février au 05 Mai 2012, Jeudi, Vendredi, Samedi à 19h30 au Théâtre Clavel, 3 rue Clavel 75019 – Métro : Pyrénées / Réservations : 07 70 88 11 99

www.enballotage.com

 

Être au service des autres est sans doute l’une des plus belles missions citoyennes

Les débats politiques télévisés affichent parfois un style convenu où chacun joue son rôle aussi strictement qu’une partition de musique. Cette semaine, pourtant, nous avons pu assister à deux grands moments télévisuels. Jeudi, l’émission de Pujadas, Des Paroles et des actes, voyait se confronter Henri Guaino et Marine Le Pen. Alors que ce premier s’évertue à nous expliquer que l’UMP ne chasse aucunement sur les terres frontistes, qu’avons nous vu ? Une aimable conversation de salon sur un ton aimable, mesuré, respectueux. A aucun moment Guaino n’a cherché à mettre en difficulté son interlocutrice. En revanche, il a fait preuve de bien moins de courtoisie ce samedi lors de l’émission La Voix est Libre sur France 3 où il débattait avec Jérôme Guedj. Alors que le Président PS du Conseil général de l’Essonne qualifiait de « délétère » et « d’indigne » le débat sur l’identité nationale, Guaino s’en est violement pris à son contradicteur.

(c) vidberg.blog.lemonde.fr/

Toujours jeudi soir, Marine Le Pen était invitée à débattre avec Jean-Luc Mélenchon. Mais de débat, il n’y en a point eu puisque le Président du Front de Gauche, dixit Le Pen « est un leurre, or, on ne débat pas avec un leurre, et encore moins avec la voiture balai du Parti Socialiste ». Étranges débats politiques qui voient une présidente de parti accepter de débattre avec un conseiller du Président de la République (qui par définition n’a pas vocation à apparaître sur les plateaux) mais qui refuse de dialoguer avec un homme politique désigné par les siens pour les représenter à l’élection suprême. Dans la même veine, Eva Joly voyait sa candidature remise en cause par Natacha Polony dans l’émission « On n’est pas couché » au motif que Nicolas Hulot aurait fait un « bien meilleur candidat », oubliant que là aussi elle avait été largement élue par les militants et sympathisants d’Europe-Ecologie-Les Verts.

Triste constat d’un débat politique nivelé par le bas par ceux-là même qui critiquent ce cirque médiatique auxquels sont exposés les Français. La politique est une affaire trop sérieuse pour que l’on s’en moque. Il ne s’agit pas seulement de porter ses idées, ses valeurs, ses engagements mais il faut également se comporter de manière exemplaire et en adéquation avec ses paroles. Être au service des autres est sans doute l’une des plus belles missions citoyennes, mais également l’une des plus exigeantes. Et les électeurs savent nous le rappeler.

L’égalité des droits, c’est maintenant !

« J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. » C’est l’un des 60 engagements pour la France présentés aujourd’hui par François Hollande. C’est donc sans ambigüité que le candidat socialiste à la Présidence de la République affiche sa volonté d’une égalité des droits pour les couples de même sexe.

Parmi les 60 engagements pour la France de François Hollande, l’engagement 31 est consacré à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels. Avec cet engagement, François Hollande réaffirme sa volonté de lutter contre l’homophobie et d’assurer l’égalité des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bis et trans). Cet engagement concerne également leurs proches, leurs familles, leurs amis, leurs collègues… Ouverture du mariage à tous les couples, adoption ouverte à tous les couples mais aussi don du sang, lutte contre l’homophobie à l’école, possibilité pour les personnes trans de changer leur état civil sans condition médicale… l’engagement 31 de François Hollande peut changer la vie de chacun au quotidien.

Les socialistes ont déposé à de nombreuses reprises au cours des dernières années à l’Assemblée nationale et au Sénat des propositions de loi ouvrant le mariage et l’adoption à tous les couples. La majorité sortante y a systématiquement répondu par un rejet massif, des dérapages verbaux et des pétitions hostiles. En 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention d’ouvrir aux couples de même sexe une union civile et un statut du beau parent. En 5 ans, il n’a rien fait.

A l’instar des socialistes espagnols et des socialistes portugais, les socialistes français entendent faire progresser le droit, la société et le respect des individus. C’est avec la victoire de François Hollande en 2012 que la France reprendra le chemin de l’égalité qu’ont déjà emprunté l’Afrique du sud, l’Argentine, la Belgique, le Canada, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède…

 

Pour permettre à chacun de s’approprier l’engagement 31 et d’exprimer ce qu’il va changer dans sa vie, HES a lancé un site : http://mon.engagement31.fr/. Les visiteurs du site pourront choisir une ou plusieurs des propositions de François Hollande en faveur des droits pour les personnes LGBT, et raconter comment cette dernière va changer leur vie.

Dans un élan mesuré de compassion, une courte fenêtre s’ouvre sur la vie de millions de Français

Un froid polaire s’est abattu sur l’Europe et les images des villes paralysées par la neige font l’ouverture des journaux télévisés. Chaque année, c’est la même rengaine. Et chaque année, dans un élan mesuré de compassion de nos journalistes, une courte fenêtre s’ouvre sur la vie de millions de Français qui n’arrivent pas à se chauffer ou pire à se loger correctement. Notre pays compte plus 8 millions de personnes vivant sous le seuil symbolique des 1000 euros par mois, à peine un SMIC. En 2007, nous avons tous le souvenir d’un Nicolas Sarkozy fixant l’objectif de réduction de la pauvreté d’un tiers en 5 ans. Qu’en est-il aujourd’hui ? Trois cents mille personnes sombrent chaque année dans la misère.

En 1954, l’Abbé Pierre lançait un appel de colère face à cette pauvreté. S’en suivit la création d’Emmaüs puis de la Fondation Abbé Pierre. Nombreuses sont les associations et les fondations à agir. Sans doute avons-nous cru que cela suffirait à résorber le mal-logement, la précarité, la détresse ; se dédouaner et se reposer sur les acteurs de la société civile. A l’occasion de la présentation du rapport annuel de la Fondation, les JT ont repris en coeur les images bien huilées du défilé des candidats à la Présidentielle venus s’engager. Mais cet intérêt a été de courte durée, les caméras s’étant vite détournées sur un François Hollande enfariné.

Avons-nous seulement conscience, que chacun d’entre nous peut – et nous ne le souhaitons à personne – perdre son travail, perdre son logement, perdre pied ? Le modèle social mis en place par le Conseil national de la Résistance a certes un coût élevé, personne ne peut le nier, mais offre une liste infinie d’avantages pour l’ensemble de notre pays : il garantit une société solidaire qui n’est pas basé sur le profit individuel. Quand on sait qu’il faut autant de temps pour sortir de la spirale de la précarité que de temps pour y rentrer, il est de notre responsabilité d’agir. Il est inadmissible qu’en 2012 il faille choisir entre se nourrir, se soigner ou se chauffer. Il nous est interdit de nous résigner.

 

François Hollande propose quant à lui la construction au cours du quinquennat de 2,5 millions de logements, dont 150 000 logements très sociaux, grâce au doublement du plafond du livret A ; l’encadrement par la loi des montants des loyers lors de la première location ou à la relocation ; la mise place pour les jeunes d’un dispositif de caution solidaire.

 

Des militants communistes interpellés… pour avoir vendu l’Humanité !

Ian Brossat, Président du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche au Conseil de Paris, nous informe ce que dimanche matin, 8/01/2012, des militants communistes se sont fait interpeller rue Rambuteau par la Police, alors qu’ils vendaient l’Humanité, au motif qu’ils troublaient « l’ordre public ». Parmi eux, se trouvait Evelyne Zarka, adjointe au maire du 4ème arrondissement de Paris.

Depuis quand des militants poliitiques allant de manière tout à fait courtoise à la rencontre des gabitants, constituent-ils une menace ? Ce genre de pratique est indigne de notre police nationale.

Délaisser la culture, c’est régresser

Chaque année, se tient le Forum d’Avignon, rencontres internationales de la culture, de l’économie et des médias. Il a pour objectif d’approfondir les liens entres des secteurs parfois imperméables qui ont pourtant beaucoup à se dire. Il trouve sa place dans les initiatives soutenues par l’Unesco sur la diversité culturelle et offre une occasion de s’interroger sur le nouveau concept « d’économie mauve » dont le premier forum s’est tenu récemment à Paris et de l’imbrication entre culture et économie, bien plus forte que d’aucun ne peuvent le penser.

 

Selon les initiateurs du Forum sur l’économie mauve, il s’agit “plus qu’une innovation terminologique. Son champ est beaucoup plus large que l’économie des produits culturels et s’inscrit dans une perspective éthique. Elle concourt à l’enrichissement et à la diversification de l’environnement culturel. Cette richesse et cette diversité sont indéniablement un axe de progrès. Il s’agit donc bien là d’une nouvelle terre économique à explorer au même titre que l’économie verte”.

 

Ce 4ème Forum d’Avignon a ainsi été l’occasion d’aborder toute une série de thèmes variés, la question du numérique ayant été particulièrement forte tout comme celle de l’innovation. Un hasard ? Certainement pas ? La culture est un facteur de développement économique très fort et nombreux sont les économistes à le démontrer aujourd’hui.

 

Extraits : “Le poids économique de la culture est incontestable : en 2002, les seules industries culturelles représentaient 12 % du PIB américain, 3,8 % du PIB canadien et déjà, en 2006, 1,48 % du PIB chinois. Les grandes économies l’ont compris et les décideurs également : au-delà du secteur culturel lui-même, la création développe par cercles concentriques l’innovation dans tous les autres secteurs de l’économie et dans la société. La culture est bien un secteur à part, avec des modèles innovants de financement, et un secteur stratégique.” (De l’intuition à la décision : qui décide d’investir dans la culture ? 100 interviews, une grille d’analyse, et 4 études de cas par Kurt Salmon)

 

“ L’effet de levier de la dépense culturelle publique sur le PIB est une réalité ! A la question, les retombées de l’investissement dans la culture est-il mesurable, et même si la réponse n’est pas si aisée, l’effet de levier est constaté : la dépense culturelle publique représente en moyenne 0,7 % du PIB par habitant des villes étudiées (sur l’échantillon de villes étudiées), mais cette dépense a un effet sur 10 % du PIB par habitant. Dit autrement : plus on investit dans la culture, mieux se porte l’économie d’un territoire ! ” L’étude statistique met également en lumière des corrélations entre investissement culturel et critères non économiques : “l’investissement culturel a un effet direct sur l’attractivité et la cohésion sociale dans les territoires ; l’importance de l’investissement culturel est lié à la richesse de la ville et constitue un marqueur de leur niveau de développement. Délaisser la culture, c’est donc régresser”. (Etude Tera Consultants pour le Forum d’Avignon)

 

Ernst & Young a réalisé la première enquête comparative sur les politiques fiscales en faveur de la culture, menée dans 14 pays. “Dans les 18 pays étudiés (Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Espagne, Etats-Unis, France, Grèce, Inde, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie), des dispositifs fiscaux dans le secteur de la culture sont utilisés pour soutenir la création. La fiscalité culturelle n’est pas une exception, elle est la norme ! Ainsi, les politiques budgétaires et fiscales en faveur de la culture produisent d’importants effets de leviers sur le développement de l’économie des biens culturels ”.

 

Il n’est pas inutile de rappeler que pour la France, on estime à 460.000 le nombre d’emplois culturels soit 2% du nombre total d’emplois contre 2,4 % en moyenne pour les 27 pays de l’Union Européenne. 90.000 emplois culturels sont dénombrés à Paris qui représentent presque la moitié des emplois culturels en Île-de-France (194.000). Le nombre de ces emplois a augmenté de 11 % pour toute la France entre 1998 et 2005.

 

A l’échelle européenne, l’impact socio-économique quantifiable du secteur culturel et créatif s’élevait à 654 milliards d’€ en 2003 quand le chiffre d’affaires des fabricants de voiture s’élevait à 271 milliards en 2001 (Eurostat 2007). La culture, la créativité et plus largement l’intelligence sont donc de formidables viviers d’emplois non-délocalisables et une source de richesse considérable (balance commerciale de l’UE excédentaire de 3 milliards d’euros pour les principaux biens culturels).

 

Dès lors, il est légitime de s’interroger sur les orientations budgétaires pour 2012 actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. Si la lutte contre le déficit est de toute évidence une priorité pour que notre pays puisse disposer de marges de manœuvres financières, pourquoi grever un budget déjà difficile des acteurs culturels (stagnation voir baisse des subventions publiques, hausse mécanique des couts dus à l’inflation…), alors même que ce secteur est d’avenir ? L’Assemblée nationale a adopté un amendement gouvernemental visant  à plafonner le niveau des taxes (ex : taxe sur les spectacles) affectées aux opérateurs que sont le Centre national des variétés, l’Association pour le soutien au théâtre privé, le Centre des monuments nationaux, le Centre national du cinéma et de l’image animée ou encore le Centre national du livre. Au-delà du plafond fixé, le dispositif envisagé prévoit dorénavant le reversement, au budget général de l’État, des produits qui dépasseront ce plafond. Cela revient à bloquer le développement de ces organismes redistributeurs qui participent au développement culturel de notre pays.

 

Par ailleurs le Premier ministre a annoncé le 7 novembre une hausse du taux réduit de TVA de 5,5% à 7%, qui pourrait impacter notamment la billetterie et les cessions de spectacles, et qui affectera  la vente des livres, mais aussi les tickets de cinéma et les abonnements télévisés (les CD et DVD ne sont pas concernés puisqu’ils sont déjà taxés au taux maximum…). Nous savon tous que le secteur des petites librairies souffre énormément alors qu’ils constituent un formidable réseau culturel de proximité et qualité. Cette TVA sur les livres est d’ailleurs l’exemple d’une mesure prise à l’aveugle : le prix unique des livres interdit toute élasticité des prix et donc une baisse des marges, déjà maigre, des libraires.

 

La société a pourtant tout à gagner à s’enrichir d’un foisonnement des arts et de la création. La perte de repère et de valeurs que constitue la culture ne peut avoir que des conséquences négatives importantes sur note société en termes de cohésion sociale.

 

Sous couvert de la lutte contre les déficits, les associations sont amenées à trinquer

Le gouvernement qui lutte contre les déficits publics ne recule devant rien, pas même devant les dons faits aux associations. Pourtant, il y a là, un véritable enrichissement pour notre pays qui compte plus de 12 millions de bénévoles.

 

Qui voudrait voir disparaitre la Croix Rouge, le Secours Populaire, les Restos du Cœur et les millions d’associations reconnues d’intérêt général ? Pourtant, avec la proposition d’amendement à la loi de finances 2012 déposée par Gilles Carrez, la menace est sérieuse. Elle vise à intégrer la réduction d’impôts accordée au titre des dons faits par les particuliers aux associations dans le périmètre du plafonnement global des niches fiscales ! Ainsi, le taux actuel serait plafonné à 6% du revenu imposable contre 20% aujourd’hui. Les conséquences de l’acceptation de cet amendement seraient ainsi de considérer ces dons comme des niches alors qu’ils n’induisent contrairement aux niches fiscales, aucun bénéfice financier pour le contribuable qui effectue un don.

 

Sous couvert d’économie, cette solution serait une fausse bonne idée. D’ailleurs, nombreuses sont les associations à s’émouvoir de cette proposition : la Croix Rouge, La Fondation de France, France générosité… En 2009, les Français ont déclaré 1,885 milliard d’euros de dons, dont 75 % de la part des contribuables imposables. Qui serait assez fou pour se priver ce des financements ? Philippe Idiartegaray, délégué départemental du Secours catholique en Gironde, fait remarquer qu’ « un euro donné correspond à deux ou trois économisés par l’État en équivalents salaires, car les dons entraînent le développement du bénévolat. »

 

Rien ne remplacera ce travail de proximité mené par des milliers de citoyens engagés et les collectivités et l’Etat seraient incapables de prendre la relève. Le désengagement de l’Etat et de certaines collectivités pénaliseraient ainsi doublement les associations qui devraient faire face à une baisse de subventions et une réduction des avantages fiscaux accordés à leurs donateurs. Faut-il rappeler que ces associations agissent selon le principe de la non lucrativité ? En tant de crises, elles font leur maximum pour continuer à faire vivre les territoires. Évidemment, les déductions ont un coût pour le budget de l’État mais il faut également regarder en termes de bénéfices et ils sont immenses.

La loi de 2003 sur le mécénat et les fondations est également dans le viseur des fourches caudines des députés. Si cela se confirme, cette irresponsabilité va peser lourd sur le développement des associations et des institutions publiques qui vivent de la générosité des Français et ce sont encore les plus fragiles d’entre nous qui vont en souffrir.

 

Nous devons répondre à la demande de justice sociale

Combien sont les hommes et femmes politiques à placer les questions d’éthique et de transparence au cœur de leurs discours ? L’actualité de cette semaine est effarante, tant pour la Gauche que pour la Droite. D’un côté un ancien ministre soumis à l’ISF qui fait répondre par l’intermédiaire de son avocat qu’il ne quittera pas son logement social de la Ville de Paris n’ayant rien à se reprocher. Une présidente d’un parti de gauche qui a maintenu mordicus pendant des mois qu’elle ne briguerait pas une circonscription à Paris dans le cadre des élections législatives préférant s’investir dans le Val de Marne où elle est élue, tout en prônant des nouvelles méthodes politiques. De l’autre, une maire d’arrondissement qui non contente de siéger au Parlement européen veut être élue envers et contre tous, et en particulier contre un potentiel candidat aux élections municipales de 2014 qui tente un parachutage des plus mal emmanchés, en s’opposant aux rentes de situation. Sans compter sur le Président de la République qui a prôné tout au long de son mandat une République irréprochable, et qui – goutte d’eau dans l’océan de ses mensonges – a réservé une suite à 37 000 € tout en prônant un discours de rigueur qui portera in fine en grande majorité sur les classes populaires.

 

Ces exemples ne sont bien sur pas représentatifs de la moralité de la plus part de nos élus qui effectuent leur mandat avec conviction et sérieux. Mais le décalage entre ce qui est convenue d’appeler « le peuple » et ses élus intervient justement quand ces comportements ne choquent même plus sont ceux qui en sont les auteurs. – Inutile de revenir sur les affaires Woerth et Alliot-Marie -. Comment convaincre de sa probité et de sa volonté de servir l’intérêt général quand ses actions sont en décalages avec ses discours ? Comment s’opposer aux discours qui voudrait que les élus ne soient qu’une « caste » d’intouchables ou pire « tous pourris » ? C’est à cette demande de justice sociale que nous devons répondre. Tous autres discours seraient vains. Heureusement, parfois la patience nous donne raison ; Berlusconi quitte l’Italie après 20 ans de pouvoir, mais dans quel état laisse-t-il son pays ? Après 10 ans de pouvoir de la droite, il est temps de voir arriver le changement !

 

Billet d’humeur : le mécénat d’entreprise n’est pas ce que l’on en dit !

A force de brouiller les frontières, on va finir pas transformer le mécénat d’entreprise en gloubiboulga ! Les articles et news se succèdent avec une constance saisissante : la notion de mécénat tend à se diluer dans un magma nébuleux de nouveaux concepts qui mélangent fantasmes et méconnaissance d’un secteur pourtant actif depuis plus de 30 ans ! 

Ce premier coup d’humeur est d’abord provoqué par la parution d’une surprenante étude d’EY qui intègre les dépenses liées au mécénat dans la communication des entreprises avec une reprise par Carenews du titre « Un milliard d’euros, c’est le montant investi dans la communication sur le mécénat ».

Intégrer le mécénat dans les dépenses de communication, c’est nier le rôle et l’essor des fondations d’entreprises (organisme d’intérêt général à part entière) et assimiler le mécénat en régie directe à du sponsoring. Pourtant, ce débat est tranché depuis 1989 et un Que Sais ! rédigé par François Debiesse rappelle sans détour ce que n’est pas la mécénat. On pensait donc ce raccourci mécénat / communication largement périmé.

La montée en puissance des acteurs de l’ESS entraine, elle aussi, des confusions troublantes. Pour mémoire, l’ESS est composé des associations, des mutuelles, des fondations, des coopératives et des entreprises commerciales d’utilité sociale. Le débat n’est pas de savoir si l’ESS est d’intérêt général (notion purement fiscale) mais la place qu’occupe l’économie sociale et solidaire dans notre société. Les mutuelles, les coopératives ou les entreprises de l’ESS sont des acteurs économiques à part entière qui ne prétendent pas s’immiscer dans le champ de l’intérêt général mais qui entendent développer une vision sociale et humaine de l’économie.

Dura lex, sed lex. Seul compte le Code général des impôts et il est clair en matière d’intérêt général. Pour être en être caractérisé, il faut :

  • mener des actions présentant au moins l’un des caractères visés visé aux articles 200 et 238 bis du Code général des impôts
  • être gérés de manière désintéressée
  • exercer des activités non lucratives de manière prépondérante
  • ne pas fonctionner au profit d’un cercle restreint de personnes

Dès lors, les contorsions sont inutiles : ESS et intérêt général sont deux notions distinctes ! Si chacun comprend bien, d’une part la nécessité de financer des acteurs qui innovent dans leur modèle et, d’autre part, l’envie de soutien à des initiatives solidaires, les entreprises toute ESUS (entreprise solidaire d’utilité sociale) qu’elles soient ne sont pas éligibles au mécénat (sauf exception) sans quoi il y aurait une distorsion évidente de traitement entre les associations d’intérêt général et les entreprises ESUS ! Cela peut paraitre injuste à certains, mais ainsi est la loi.

Se pose enfin la question de l’articulation entre « mécénat » et « RSE ». Très clairement, aujourd’hui, le mécénat est le prolongement de la RSE mais la RSE n’est pas du mécénat ! Si l’entreprise a tout intérêt – au travers de sa politique de mécénat – à collaborer avec ses parties-prenantes (ou ses communautés dans une vision anglo-saxonne), le mécénat est un don sans contrepartie directe. Là aussi, l’arrêté du 6 janvier 1989 relatif à la terminologie économique et financière est sans appel.

RSE et ESS sont là aussi deux notions distinctes : elles ont en commun le « social » mais n’ont en aucun cas les mêmes finalités. La politique RSE peut chercher à soutenir la dynamique ESS de son territoire mais dans une logique de soutien à un écosystème économique (puisque inclus mutuelle, coopératives et entreprises).

Les normes, décrets et lois ne sont pas intangibles. Il nous appartient de « moderniser » l’arsenal législatif en fonction de nos besoins et de nos réalités. Mais il nous appartient de ne pas mélanger sciemment les concepts ni d’oublier nos fondamentaux. Aussi, l’arrêté de 1989 ne souffre-t-il d’aucune ambiguïté : le mécénat est sans contrepartie directe… Dès lors, si l’entreprise cherche à récupérer un avantage matériel ou immatériel (et elle est légitime à le faire), le mécénat n’est pas le vecteur approprié. Il s’agit d’un partenariat des plus classiques mais qui ne donne pas lieu à réduction d’impôts. Entreprises, associations ou entreprises ESUS ont tout intérêt à développer des partenariats mais dans un cadre juridique distinct.

Cette tendance des dernières années à inventer de nouveaux concepts, à tordre les définitions, à (ab)user de chausse-pieds pour dévoyer le sens même du mécénat est gênante. Elle introduit l’idée que les entreprises chercheraient à masquer des intérêts derrière des politiques de partenariat : développer son image (c’est de la communication), chercher de nouveaux clients (c’est du marketing) ou développer de nouveaux produits (c’est de la R&D). Il n’y a rien de honteux à ce que le mécénat crée des passerelles entre l’entreprise et le tissu associatif et d’intérêt général au sens large. Bien au contraire, c’est une dynamique vertueuse que de favoriser les conditions du partage : partage d’expériences, connaissance du territoire… Le mécénat est d’autant plus noble et légitime qu’il relève d’un acte libre de l’entreprise.

Mais il semble que le mécénat soit devenu trop étroit pour certains qui cherchent non pas à le développer mais à le dévoyer. C’est malheureux. L’ADMICAL contribue depuis plus de 30 ans à définir clairement les contours du mécénat, tout comme le Centre français des fonds et fondations cherche déjà depuis plusieurs années à préciser les interactions RSE / Mécénat et le rôle des fondations d’entreprises.

Il ne faut pas s’étonner enfin que des acteurs associatifs viennent reprocher (à juste titre) au mécénat d’entreprise de ne plus remplir sa mission : celui de rendre possible des projets d’intérêts général.

À titre personnel, je regrette vivement que tous les efforts entrepris depuis des années par l’AFF sur la structuration des métiers de fundraisers et plus récemment par le CFF sur les métiers de grantmakers soient ainsi niés par un mélange et une inadaptation de concepts qui n’ont comme seul impact de brouiller encore un peu plus la vision du grand public sur nos métiers qui ont pourtant un bel avenir devant eux.

Une convention cadre signée entre le Ministère chargé de la vie associative et la Fondation Groupe EDF

La Fondation Groupe EDF encourage les initiatives associatives depuis plus de 30 ans au travers de ses actions de mécénat, et tout particulièrement grâce aux Trophées des associations et à l’Appel à Projets Salariés (Ghood). Les salariés du Groupe sont eux-mêmes particulièrement engagés dans la vie associative de notre pays et illustrent, au quotidien, cette valeur du Groupe EDF qu’est la solidarité.

Le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et la Fondation entretiennent depuis de longues années des relations de confiance en raison d’un partage fort de valeurs communes : promotion de la vie associative, engagement des salariés en faveur de l’intérêt général et plus globalement soutient des toutes les initiatives favorisant la cohésion sociale.

Les Trophées sont ainsi placés sous le Haut-Patronage du Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, signe d’une forte reconnaissance des actions de mécénat de la Fondation par les pouvoirs publics.

La signature d’une convention-cadre permet d’illustrer la force de ces partenariats et a pour objet d’engager la Fondation et le Ministère « à collaborer sur tous les sujets d’actualité qui concerneraient les associations ou l’engagement des jeunes et des actifs ».

 

Une vitalité associative à encourager

Les associations représentent plus de 1,3 million de structures qui contribuent à hauteur de 3,2% du PIB (hors valorisation du bénévolat). Les 16 millions de bénévoles témoignent de leur capacité à mobiliser et rassembler dans tous les domaines, du sport à la culture, des loisirs et de la vie sociale, en passant par la défense des droits, causes ou des intérêts.

Elles portent des valeurs de citoyenneté, de fraternité et de mixité. Elles favorisent la participation et l’engagement de tous autour de projets partagés par des publics aux profils et aux rôles divers. Elles mettent à profit les énergies et les idées pour œuvrer à une société plus juste et solidaire. Par leur participation, les bénévoles, les volontaires, les adhérents, les donateurs, les bénéficiaires et les salariés associatifs portent des projets en faveur du bien commun. En créant et en entretenant le lien social, le secteur associatif soutient et contribue fortement à la mixité et la cohésion sociale nécessaires à notre pays. Elles contribuent à l’innovation sociale par leur capacité à identifier des aspirations, des enjeux et des besoins nouveaux et à proposer des réponses possibles.

Le Ministère chargé de la vie associative déploie de son côté de nombreux dispositifs de soutien à destination du monde associatif et de la jeunesse, comme le Fonds pour le développement de la vie associative (FDVA) qui permet le soutien aux expérimentations et aux projets innovants territoriaux des petites et moyennes associations en cohérence avec le soutien d’autres partenaires publics et privés. Il porte aussi le fonds d’expérimentation jeunesse (FEJ) qui est entre autre le support opérationnel et financier de l’initiative présidentielle « La France s’engage » qui a pour vocation d’identifier, mettre en valeur, soutenir et faciliter l’extension d’initiatives socialement innovantes portées bénévolement par des acteurs associatifs, des fondations, des entreprises pour relever de nouveaux défis auxquels les modes d’intervention classiques de la puissance publique n’ont pas encore eu l’opportunité de répondre.

Il est de responsabilité de la société de favoriser une meilleure prise en compte des besoins, préoccupations et aspirations de la jeunesse, en assurant son autonomisation et émancipation dans le respect et la défense des valeurs de la République.

Les Fondations : au carrefour du bien commun

Les fondations, actrices de l’intérêt général, accompagnent les associations sur le terrain dans la mise en œuvre de leurs actions. Les entreprises via leurs fondations ont toute leur place aux côtés des acteurs associatifs. Le mécénat crée en effet une dynamique en instaurant un dialogue ou suscitant des prises de conscience, les fondations d’entreprises exerçant une responsabilité dans leur environnement immédiat. Les salariés sont par ailleurs invités à contribuer au soutien de l’intérêt général au travers de leur engagement personnel et/ou auprès des fondations et/ou des entreprises en donnant de leur temps. Les actions expérimentales des fondations sont – de fait – complémentaires de celles des pouvoirs publics.

La Fondation Groupe EDF s’engage depuis de nombreuses années aux côtés des associations et a pour vocation de soutenir des initiatives positives issues de la société civile ainsi que des dispositifs innovants. Elle intervient ainsi en faveur de la solidarité et du progrès et invite les collaborateurs du Groupe EDF (dont 43 % sont engagés à titre personnel dans la vie associative de notre pays) à participer via le bénévolat ou le mécénat de compétences aux actions de mécénat qu’elle porte.

Renforcer le dialogue entre
les acteurs publics et privés

Le Ministère et la Fondation Groupe EDF, au regard des objectifs qui sont les leurs, à savoir le soutien à la vie associative et aux projets en faveur des jeunes, ont exprimé le souhait de collaborer en signant une convention cadre de partenariat.

Le Ministère et la Fondation Groupe EDF s’engagent ainsi à collaborer sur tous les sujets d’actualité qui concerneraient les associations ou l’engagement des jeunes et des actifs.C’est ainsi que le 16 mars dernier, a été organisé à l’Espace Fondation EDF, en partenariat avec Pro Bono Lab, une matinée dédiée à l’engagement des salariés aux côtés des acteurs associatifs.

L’occasion de découvrir les dispositifs de la loi « Égalité et Citoyenneté » qui permet à tout dirigeant associatif bénévole d’exercer ses fonctions grâce à un congé non rémunéré de 6 jours maximum. Cette disposition est ouverte aux dirigeants bénévoles d’associations d’intérêt général ouvrant droit à défiscalisation des dons. Ces missions leur permettront d’acquérir des points supplémentaires sur leur compte personnel d’activité (CPA), pour valoriser leur engagement et bénéficier de droits à formation. Avec cette mesure, le Gouvernement ouvre un droit aux salariés : celui de consacrer du temps à leur engagement.

Pour aller + loin

Favoriser l’engagement associatif des actifs (Fondation Groupe EDF)

Que change la loi « Égalité et Citoyen » ? (Vie Publique)

Panorama du pro Bono (Pro Bono Lab)

 

RSE et mécénat sont-ils solubles ?

A l’initiative du Centre français des fonds et fondation, une rencontre était organisée ce vendredi 15 janvier 2016 à la Fondation EDF sur le thème de « la contribution de la fondation d’entreprise à la démarche RSE de l’entreprise ».

Quelles frontières et quelle définition ?

D’aucun juge ce débat artificiel, considérant que de facto, la Fondation s’intègre dans la contribution sociétale des entreprises. D’autres, au contraire, estiment que la Fondation n’a pas sa place dans la stratégie RSE de l’entreprise, un organisme d’intérêt général étant par essence déconnecté des enjeux de l’entreprise, le débat ne pouvant porter que sur les frontières « mécénat / RSE ».

Évacuons d’emblée la problématique de terminologie et le périmètre. Doit-on parler de responsabilité sociale ? de responsabilité sociétale ? de responsabilité sociale et environnementale ? de développement durable ? En réalité, la RSE couvre l’ensemble de ces définitions dans une seule et unique dynamique : celle de la « responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société » selon une définition proposée par la Commission européenne.

La RSE « conduit ainsi les entreprises à se fixer des objectifs non seulement économique, mais aussi sociaux, sociétaux et environnementaux afin d’inscrire sa croissance dans le long terme » comme le souligne Isabelle de Bayser Directrice d’Active RSE. En France la norme ISO 26000 permet de décliner la RSE au travers de 7 principes, résumés dans la marguerite ci-dessous.  :

http://labelsetterritoires.eu

http://labelsetterritoires.eu

Issue d’un large consensus et approuvée par 99 pays, cette norme définit la responsabilité des entreprises en matière sociétale et repose sur 3 points essentiels : le principe de responsabilité, l’implication des parties prenantes et la déclinaison des 7 principes illustrés plus haut. Par ailleurs, la loi NRE de 2001 oblige les entreprises cotées à rendre public un reporting social et environnemental.

Ainsi, le principe même de responsabilité est de rendre compte de ses actions dans une dynamique de transparence. Les choix stratégique de l’entreprise doivent être expliqués et s’inscrire dans un reporting public. Le dialogue avec l’interne et l’externe est également l’un des grands principes de la RSE. Dès lors, le mécénat s’intègre parfaitement dans une dynamique d’engagement citoyen de l’entreprise.

 

Un engagement volontaire de l’entreprise

Jusque dans le début des années 2000, le même débat a animé la communauté professionnelle des acteurs du mécénat au sujet des interactions « communication / mécénat ». Le mécénat (et a fortiori la Fondation – identité encore plus forte d’une politique de mécénat) procédait-il du prolongement de la communication de l’entreprise puisqu’il contribue à l’image de la marque ou au contraire exprimait-il un engagement volontaire en faveur de l’intérêt général, marqueur d’une contribution financière envers les territoires sur lesquels l’entreprise est implantée ?

Ce débat n’a jamais été vraiment résolu, même si personnellement je milite pour une déconnexion totale de la Fondation vis-à-vis de la communication corporate. Néanmoins, les habitudes se sont installées et chaque entreprise mène aujourd’hui une politique de mécénat qui lui est unique et qui s’intègre dans son identité. Faut-il rejouer la bataille d’hernanie et chercher à opposer le couple « RSE / Mécénat » ou ne faudrait-il pas accepter que le mécénat s’intègre naturellement dans une stratégie RSE, quand bien même il serait mis en œuvre au travers d’une fondation (outil juridiquement distinct de l’entreprise) ?

Walt Disney a résolu ce nœud gordien en intégrant pleinement le mécénat dans sa politique RSE, dans une démarche largement ouverte envers ses parties prenantes (cf. le schéma ci-dessous). Les entreprises anglo-Saxonness, comme Disney, identifient cette approche sous le nom de « corporate citizenship » qui recouvre l’ensemble des engagements volontaires de l’entreprise envers les communautés locales. Cette notion est intéressante car elle couvre un spectre plus large que la définition française du mécénat qui obéit avant tout à un cadre fiscal : celui de l’intérêt général.

« toutes les actions qui font du bien à la communauté sont bonnes à prendre »

Jeff Archambault, Vice President Corporate Citizenship EMA, souligne que la démarche d’acteur responsable de Disney est intégrée : « conduire le business et créer de produit de manière éthique, mais aussi inspirer les autre en faisant la promotion du bien-être et du vivre ensemble sont les marqueurs de notre engagement citoyen ». Valeurs propres au Groupe, objectifs de RSE et politique de mécénat sont indissolubles. Si Disney possède une Fondation, elle n’est dédiée qu’aux seuls financements de dispositifs liés à ses salariés (exclusivement aux USA), le choix a été fait de s’affranchir d’une telle structure pour son mécénat lié aux parties prenantes externes. Cette approche américaine relève sans aucun doute d’un pragmatisme des affaires où tout un chacun est impliqué dans un même territoire : « toutes les actions qui font du bien à la communauté sont bonnes à prendre » confirme-t-il. Plus qu’une cohérence, sans doute faut-il y voir une imbrication entre les valeurs véhiculés par la marque et l’implication du Groupe dans la société tout entière, en particulier au regard du poids financier et culturel de Disney. C’est du « gagnant-gagnant » insiste enfin Jeff, « de la valeur-partagée pour tout un chacun  [share-value] ».

http://citizenship.disney.com

http://citizenship.disney.com

Les esprits cartésiens y verront peut-être une forme de confusion entre les intérêts de l’entreprise et ceux de la société civile. J’y vois pour ma part une forme de réalisme. Les Américains privilégient la finalité aux modalités alors qu’en France, le débat « Mécénat / RSE » est corseté dans une notion purement fiscale et juridique au détriment de la vision sociétale. Je crois donc qu’il n’ y pas lieu d’opposer les deux d’autant plus que ni les salariés, ni le grand public, ne font bien souvent la distinction entre les différents moyens d’interventions dont dispose l’entreprise.

C’est le parti prit par Adecco. Conscient que le travail temporaire génère certaines externalités négatives, le Groupe a souhaité réfléchir à une politique RSE large avec une vision précise de ce qui relève de la responsabilité première de l’entreprise (la santé et la sécurité au travail, l’évolution professionnelle par exemple), des politiques liées à l’emploi en général comme l’enjeu central de l’égalité des chances. Pour Bruce Roch, Délégué général de la Fondation Groupe Adecco et Directeur de la RSE la séparation est évidente et ils se créent des synergies naturelles entre RSE et mécénat, sans confusion possible.

Pour conclure, si « la RSE n’est que le respect des règles que l’on est en droit d’attendre d‘une entreprise » comme l’indique Muriel Voisin Directrice RSE de Dalkia, « le mécénat est avant tout un acte libre et volontaire de l’entreprise » comme le rappelle Delphine Lalu Déléguée générale de la Fondation AG2R la Mondiale. S’il est évident que le mécénat à la française a du mal à s’intégrer dans les cadres internationaux du reporting extra-financier, il n’en reste pas moins qu’il est pleinement complémentaire d’une démarche RSE. L’existence d’une Fondation est par ailleurs un marqueur fort de l’entreprise envers la société civile, un engagement pérenne et aux bénéfices du plus grand nombre !

Nils Pedersen
Conseiller Mécénat – Fondation groupe EDF

« le mécénat est avant tout un acte libre et volontaire de l’entreprise »

Journée mondiale du bénévolat

Le 5 décembre est la journée annuelle du bénévolat. En réalité, le bénévolat, c’est 365 jours par an pour les 12, 14 ou 16 millions de Français adhérents, impliqués ou engagés dans une association. Au-delà du chiffre et de la définition du degré d’investissement de ces millions de Français, c’est la dynamique tout entière du bénévolat qui est à prendre en compte. Chacun d’entre nous a déjà pris part à une action mise en œuvre par une association : la collecte des Banques alimentaires ou des Restos du Cœur, l’achat de cadeaux de Noël à l’Unicef ou MSF…. Plus largement, combien de parents n’ont-ils pas inscrit leurs enfants à un club de sport ou de loisirs géré par une association ?

La richesse du tissu associatif est constituée par sa diversité et sa multiplicité de moyens d’actions. Aujourd’hui, tout le monde peut donner de son temps à une cause associative, indépendamment de son parcours professionnel, de ses origines sociales ou de son niveau de vie. Les associations œuvrent partout et pour tous. Et si chacun est invité à s’engager aux côtés d’une association, chacun d’entre-nous peut aussi s’impliquer dans des fonctions bénévoles. Là où l’ascenseur social est en panne, l’ascenseur associatif a pris le relai : du simple adhérent, n’importe quel bénévole peut être élu président à la seule force de ses convictions et de son travail.

Là où l’ascenseur social est en panne,
l’ascenseur associatif a pris le relai

Le mot « vivre-ensemble » est désormais tellement galvaudé que l’on ne mesure plus le sens de l’un des trois piliers de la devise républicaine : la Fraternité. Pourtant, ces acteurs de terrains sont au cœur de notre cohésion sociale et contribuent à la vitalité des territoires. Selon le Mouvement associatif, l’emploi associatif représente 5% de l’emploi salariés et contribue à hauteur de 3,5 % du PIB. Cela est rendu possible par des milliers des bénévoles qui acceptent quotidiennement de prendre des responsabilités dans la gouvernance de leurs associations. Loin de détruire de l’emploi ou de « coûter » en impôts comme on peut l’entendre encore trop souvent, l’initiative associative est un des moteurs de la cohésion nationale dont les effets dépassent largement l’impact économique.

Les urgences sociales, environnementales, économiques sont telles qu’il faut faire converger toutes les énergies pour inventer de nouveaux modèles et non opposer des valeurs. La crise de défiance de nos concitoyens envers les institutions est si forte qu’elle impose de nouvelles alliances. Il n’y a pas d’un côté la puissance publique détentrice de la matrice de l’intérêt général et de l’autre les entreprises productrices des richesses économiques. Si les finalités des uns et des autres sont bien évidemment différentes, il faut mettre fin à cette dualité publique / privée. Comme le soulignait récemment le Président de La Fonda suite aux attaques terroristes de novembre « nous ne pouvons plus attendre que l’avenir s’éclaircisse pour agir, c’est toute la société civile qu’il faut mettre en état d’urgence

C’est ainsi, qu’aux côtés des associations, interviennent de nouveaux acteurs comme les Fondations, mobilisées sur les mêmes enjeux parce qu’elles croient que la mobilisation en faveur de l’intérêt général doit fédérer toutes les énergies. Comme le souligne encore Yannick Blanc « la communauté d’action se définit exclusivement par l’action qu’elle mène et non par l’appartenance, le statut juridique ou social de ses membres ni par le type de structure sur lequel elle s’appuie.» Aussi, réjouissons-nous de ces milliers d’hommes et femmes mobilisés au profil d’un idéal que nous partageons tous : celui d’un monde meilleur.

Nils Pedersen
Responsable du développement de la Fondation EDF
Administrateur de La Fonda

La Démocratie doit à nouveau faire face à ses ennemis

Indépendamment de la figure de Marcel Gauchet, il frappant de relire dans un article sur le « Gouvernement de la culture » une citation de lui de 1998 « Entrées dans l’évidence (…) les démocraties, désormais privées d’ennemis, ont perdu leur pouvoir de se présenter comme projet mobilisateur » (1). Aujourd’hui, alors que nos citoyens ne se sont jamais autant détournés de nos institutions au cours de ces 10 dernières années sans pour autant se détourner de la chose publique, la République devient à nouveau un projet commun qu’il convient non seulement de défendre mais surtout d’incarner. Le Président proposait de modifier la constitution. Mais ne faut-il pas au préalable faire (re)vivre nos institutions et les valeurs qu’elles portent ? La France s’est collectivement réjouit de la qualité de nos services publics qui ont été à même de répondre à l’urgence et à l’horreur de ses attentats. Pour autant, le sens de la mission de service public se dilue de jour en jour par une montée de l’individualisme qui fragmente de plus en plus notre société.

 

Entrées dans l’évidence (…) les démocraties, désormais privées d’ennemis, ont perdu leur pouvoir
de se présenter comme projet mobilisateur

 

Gauchet dans une analyse de 2007 reprochait à la Démocratie d’avoir « universellement sapé les bases de l’autorité du collectif au nom de la liberté. (…) Elle a fait passer au premier plan l’exercice des droits individuels, jusqu’au point de confondre l’idée de démocratie avec lui et de faire oublier l’exigence de maîtrise collective qu’elle comporte ». (2) La prolongation de l’état d’urgence votée par le Parlement pour les 3 prochains mois mobilise de facto cette exigence collective mais de manière artificielle. Maintenant que la Démocratie doit à nouveau faire face à ses ennemis, n’est-il pas temps de remobiliser nos valeurs ? Au-delà de leur proclamation (voire incantation), il faut les mettre en œuvre pour s’inscrire à nouveau dans une histoire commune. Ce qui a unit la France au cours des siècles derniers, ça n’est pas la religion, la couleur de peau, l’argent où le fait d’être né sur le sol Français mais c’est le partage d’un socle de valeurs issues des Lumières, c’est cette pensée universelle et évidemment une culture et une langue qui rayonne dans le monde entier.

 

(1) La Religion dans la démocratie, Parcours de la laïcité. Paris Gallimard 1998
(2) Désenchantement du monde. 2002

Prix de la Fondation Chirac pour agir au service de la Paix

Remise des prix au musée du quai Branly

Remise des prix au musée du quai Branly

Rendre hommage aux hommes et aux femmes qui œuvrent pour la paix et la culture. En ce lendemain d’attentats qui ont frappé la France, les deux prix de la Fondation Chirac revêtent un sens particulier ; attribués à Latifa Ibn Ziaten et Aldiouma Baba des Banques culturelle du Mali, ils sont dans la vérité de l’actualité. Si le Président Chirac n’a pu assister ce matin à cette remise, la présence du Président de la République témoigne de l’importance de ces actions qui visent à lutter contre la haine et la radicalité, le fanatisme. Ce matin, c’est un message de paix et de tolérance qui a été porté par l’ensemble des personnalités présentes qui ont appelé au meilleur de le l’être humain : son intelligence.

Latifa Ibn Ziaten s’est particulièrement démarquée en défendant un dialogue fécond sur la laïcité. La France est unie dans sa diversité quand elle croit et partage ses valeurs. La France est elle-même quand elle défend un idéal de paix de solidarité et évidemment le dialogue des cultures.

Énormément d’émotion et de solennité ce matin dans cet amphithéâtre Lévi-Strauss. Un moment de dignité et de respect. Et comme l’a rappelé François Hollande, « la France répondra à la haine par la fraternité, à la terreur par le droit, au fanatisme par l’espérance. En étant tout simplement la France ».

 

« La France répondra à la haine par la fraternité, à la terreur par le droit, au fanatisme par l’espérance. En étant tout simplement la France ».

Pour un discours sur la Fraternité

« Une politique, quelle qu’elle soit, ne saurait rassembler, unir, fédérer ceux et celles qui sont appelés à la soutenir, si elle ne s’appuie pas sur un socle de croyances qu’elle prend soin d’entretenir. » Je ne garantis pas la conformité exacte des propos repris par Marc Crépon dans un récent article du Monde mais voilà ce que rappelait Péguy aux socialistes avant la 1ere Guerre Mondiale. Si le socialisme veut avoir prise sur le réel, il faut qu’il ait à proposer autre chose que le seul concept de changement et qu’il offre une espérance dans l’avenir. Si notre socle commun de valeurs (que je préfère à croyance) n’est pas brandi comme un étendard, le vide sera vite comblé par d’autres croyances… Il n’y a aucune forme de nostalgie dans mes propos, ni coup de gueule, mais conspuer le FN ne constitue pas en soit un discours qui permet au peuple de gauche de porter le progrès social ! A nous de proposer un discours sur la Fraternité (donc le vivre-ensemble, terme aujourd’hui vidé de son sens) qui incarne nos valeurs et cette intangible croyance dans notre identité de socialiste qui permet l’émancipation des individus.

« Une politique, quelle qu’elle soit, ne saurait rassembler, unir, fédérer ceux et celles qui sont appelés à la soutenir, si elle ne s’appuie pas sur un socle de croyances qu’elle prend soin d’entretenir. »

When giving makes you feel rich

I’m sure all of you have already made a donation to an NGO or a Charity. At least, for Christmas, you may have been asked for a few coins stocked deep from the bottom of your pocket by an adorable teenager who’s has explained you the purpose of the NGO he or she was a member of!

In France, we usually consider that as an individual person, we don’t have to finance Charities because this is why we are paying – each year – taxes. From the end of World War Two, the Welfare State is taking care of everything: education, health, social inclusion…. So, why would we have to donate for structures that are already supported by our taxes?

Most likely, because the needs of a growing population are even more important every day. Our world is becoming competitive with fewer fields for penniless people. Obviously, if middle classe needs increase, it also applies to them. That is why we carry solidarity in the western countries. As we all know, public finances are going through debt rather than to benefits! We will always hear people saying they pay too many taxes (this is a good thing, meaning that they have a good job!) but some others taxpayers also claim to choose which Charities they give their money. Of course, they will have in return taxes exemptions and in some way, they will be the one to decide what to do with public money!

Furthermore, we should remember what President Kennedy said in 1961: “ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country”. Naturally, USA is not France. But, it is important to point out that, each year, 95 % of American citizens make donation (from the local church, to the public hospital, or the private university) when only 45% of European people are donating to charities. Religion and culture both play a huge role in helping us to understand the differences between our two continents. In the Protestant way of behavior and more extensively the Anglo-Saxon environment, wealth is well accepted when for Catholic people, money is not supposed to be showed. I’m sure all of you have heard about the Carnegie Hall or the Rockfeller center. Those two buildings have been built thanks to the generosity of rich business men : those two philanthropists offered close to 1 billion dollars to their fellow citizens rather than their own families !

giving makes you feel good, to others, and to yourself!

If you pay attention to the newspapers over the next days, you will probably noticed ads for giving through the charity. The message will carry a strong headline: “giving makes you feel good, to others, and to yourself! » Being generous helps you to be happy! That’s what said Doctor Michael Mangot according to studies he lead recently (« Heureux comme Crésus ? Leçons inattendues d’économie du bonheur » – éditions Eyrolles). Even if one donator in two (in France) gives less than 100€, you can offer NGOs not only money but also clothes, food, books… however you want to help other people to feel better.

Today, charities cover every topic in our society: poverty, education, heath, environment, animals, culture…. So, no excuses not to help altruistic and philanthropic structures! Especially when you know that they are mostly funded at the end of the year. Perhaps because of the Christmas holidays? Or maybe because we can deduct 66% of the donation from our revenue if we pledge a donation before December 31th? Last but not least; giving to charities makes your rich whatever the amount of your gift!

Le Blanc de l’Algérie

Bouleversé par la lecture du roman d’Assia Djebar « Le Blanc de l’Algérie » qui mêle souvenirs autobiographiques et portraits de la société algérienne poste-indépendance. Elle nous plonge dans plus de 30 ans d’histoire contemporaine, celles où violement, l’extrémisme armé prend le pas sur des hommes et des femmes – écrivains, poètes, médecins, enseignants – tous épris de culture et de liberté qui seront assassinés les uns après les autres pour éradiquer le savoir et la connaissance, armes massives d’émancipation qui arrachent les Hommes de leur condition humaine. Elle nous embarque avec une simplicité déconcertante dans le processus politique qui a donné corps à l’Algérie actuelle. Elle convoque, uns à uns, les morts – ses morts – dans la langue de Molière qu’elle manie avec la délicatesse des mots qui ont forgé une partie de son identité. Elle dépeint un peuple écartelé entre deux cultures, deux communautés ; celles du monde arabe, celles de la France. Elle cherche à rendre intelligible la traversée d’un enfer indescriptible pour ceux qui n’ont pas été pris dans la tourmente des luttes fratricides : « de même que la cours de Louis XVI ne pouvait trancher le conflit entre la royauté et le peuple de France, il n’appartient pas aujourd’hui aux tribunaux de régler un conflit qui oppose des oppresseurs à des opprimés. Rien n’empêchera les Algériens d’aimer la liberté ! »

Son récit prend une force narrative qui tort les tripes tant l’on assiste à travers elle, impuissants, à la disparation de l’idéal démocratique dans lequel a baigné cette Intelligentsia algérienne. L’odeur du sang des innocents qui suinte dans les blanches rues d’Alger s’évapore à chacune des pages que l’on tourne. Malgré tout, l’amour que porte l’auteur à ses compatriotes transpire à chacun des pages de ce récit poignant : « J’écris, comme tant d’autres femmes écrivains algériennes avec un sentiment d’urgence, contre la régression et la misogynie. »

Pendant que certains se noient dans la méditerranéenne

11935079_10153979205005995_8048578390463995325_nPendant que certains se noient dans la méditerranéenne, d’autres se noient dans le méandres obscures des procédures tatillonnes censées nous protéger. De quoi au juste ? De la misère ? De la violence des conflits dont nous sommes en partie responsable ? Elles ne nous protègent pas en tout cas de la honte qui nous saisit face à une telle déferlante de corps qui couvrent nos plages. Comment des peuples qui ont pu se souder pour mettre fin à la guerre il y a 70 ans sont-ils devenus aussi insensibles face à une telle tragédie humaine ? On ne parle plus d’égoïsme nationaux à ce stade mais d’aveuglement face à des humaines qui ne demandent qu’à vivre. Qu’avons nous fait de la fraternité censée nous unir ? Où est passé la solidarité que nous brandissons tous les jours à la face du monde ? Comment l’Europe a-t-elle pu faire rayonner des siècles durant l’Humanisme, les Lumières, les Droits de l’Homme et aujourd’hui se barricader derrière, au mieux, des normes de papiers, au pire des barrières de barbelées nous rappelant les pires heures de notre histoire commune.