Vers le Cinéma à la demande

Près de 450 00 téléchargements de films sont effectués par jour sur les réseaux P2P, soit autant que le nombre d’entrées quotidiennes dans les cinémas hexagonaux, selon une étude, première du genre, effectuée par l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA).

Cette comparaison n’est pas anodine. Elle démontre que les modes de consommation évoluent. Alors que seuls 1/3 des Français déclarent aller au Cinéma (selon une récente étude publiée par la Sofres) contre 2/3 qui déclarent aimer regarder la télévision (la première pratique culturelle du sondage), l’étude de l’ALPA indique au final un très fort attrait pour le 7ème art. Ces internautes sont donc en train de créer un nouveau modèle économique dans le secteur de la distribution que les majors ont peut-être du mal à mettre en place. Outre des billets au tarif élevé (plus de 9 € à Paris) pour assister à une projection, la télévision à la demande (VOD) aurait tout intérêt à se développer plus rapidement. On assiste au même problème que pour l’industrie musicale ou les grands groupes avaient tardé à répondre à la demande de la musique en ligne. Aujourd’hui, ce modèle économique fait ses preuves et rencontres ses consommateurs (ou son public).
L’essor du numérique rend désormais les ressources culturelles accessibles partout et pour tous. Si il faut bien évidemment lutter contre le téléchargement illégal qui prive de financement la création, la répression n’est pas la solution. Il faut accompagner ces évolutions et non les freiner.

 

Cf. Etude TNS-Sofres sur les pratiques culturelles des Français

Quand les bénéfices fondent, les bonus explosent

Alcatel-Lucent annonce la démission prochaine de son président Serge Tchuruk et de sa directrice Patrica Russo, moins de deux ans après la fusion des deux entités. C’est la fin d’un fiasco économique et une illustration cuisante du manque d’ambition industrielle de cette entreprise. Lorsque les deux équipementiers se sont rapprochés, plus de 80.000 personnes dans le monde étaient employées par le groupe qui réalisait 19 milliards d’€ de chiffre d’affaires et pesait 25 milliards d’€ en Bourse. Aujourd’hui, après plusieurs plans de licenciement et la vente de plusieurs branches, pourtant rentables, le CA de l’entreprise s’est réduit à 17 milliards d’€ et la valorisation boursière à 9 milliards. L’action qui a grimpé jusqu’à 97 € en vaut à peine 4 aujourd’hui. Et pourtant, les parachutes dorés s’envolent : 6 millions d’€ pour la directrice générale et 5,6 millions pour le président.

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Alors que le nouveau patron de la Société générale, qui a perdu plus de 5 milliards d’€ suite à l’affaire « Kerviel », annonçait des résultats trimestriels en chute libre (- 63 %), le tire boursier s’est envolé de près de 10% ! Les actifs de la banque sont largement dépréciés, le marché des prêts immobiliers régresse, l’activité économique mondiale stagne et pourtant la Bourse ne sanctionne pas.

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La Banque Merril Lynch a publié des résultats catastrophiques : 10 milliards d’€ de pertes. Une perte abyssale qui a conduit la Banque à licencier plus de 4 200 personnes. Dans le même temps, un nouveau chef des ventes intègre la société et reçoit en cadeau de bienvenue une prime de 40 millions de dollars.

 

Les patrons d’entreprises auraient-ils perdu tous sens des réalités (économiques) ? La rémunération ne récompense même plus leurs performances mais leur contre-performance. La liste est longue de ces patrons ayant quitté leur entreprise sur des résultats négatifs avec des parachutes en or. Cela décrédibilise le travail de ceux qui prennent des risques pour leur entreprise et qui sont passés sous silence. Récompenser l’échec et non la réussite interroge sur la course folle à l’argent. Si la puissance ne peut (et ne doit) pas intervenir dans le cours normal des entreprises, il seraient temps cependant de réguler au niveau mondial ces pratiques qui nuisent à la crédibilité de l’économie.

Quand des résidents belges sont rattrapés par une course aux chiffres qui frise l’absurde.

Un couple équatorien et leur fillette de deux ans, résidant en Belgique, ont été retenus dans un centre de rétention à Rennes pendant une semaine. Leur crime ? Ne pas pouvoir prouver qu’ils résidaient depuis moins de trois mois sur le territoire français. Ils auraient eu du mal. Alors qu’ils possèdent des papiers belges en régle, et que l’espace Schengen permet une libre circulation des citoyens, ils n’avaient pas à se faire connaître des autorités françaises pour passer deux semaines de vacances en Bretagne. 

« Nous avons été traités comme des criminels » déclare le malheureux touriste. Les autorités belges ont pourtant confirmé au commissariat, le soir même de leur arrestation, que leur situation était régulière en Belgique. Cela n’a pas empêché le préfet de la Manche de prendre un arrêté de reconduite à la frontière à leur encontre et de les placer dans un centre de rétention administrative. « Je ne comprenais pas pourquoi on nous gardait. On a été traités comme des assassins, pris en photo et fouillés », a expliqué Suntaxi Diaz. A force de vouloir faire du chiffre, les fonctionnaires de police font du zèle. Et dire qu’Hervé Novelli cherche à augmenter le nombre de touristes en France. Avec un tel comité d’accueil, c’est mal parti. Remarquez, ils ont passé une semaine à l’Hôtel de la République. Pas sur qu’il affichait 5 étoiles. Le ridicule n’ayant pas de limite, le couple sera reconduit ce soir en Belgique et devra formuler une demande de visa pour récupérer leur voiture restée en France !