Les scandaleuses prisons françaises

Le chiffre officiel communiqué par l’Administration pénitentiaire fait état de 63 838 détenues au 1er juin 2008, pour 50 807 places disponibles, soit un taux d’incarcération de 126 %. Dans le même temps, 93 personnes se sont suicidées en prison depuis le début de l’année et les médias se font l’écho, semaine après semaines de nouveaux suicides particulièrement inquiétants. N’est-il pas temps de mettre fin à cette pandémie ?

 

Alors que le nombre de suicidés a augmenté de manière inquiétante de plus de 20% en un an, l’administration pénitentiaire indique, dans un article du Figaro, que «la surexposition médiatique est à l’origine de la multiplication actuelle des suicides dans les établissements pénitentiaires et que «l’administration ne fera plus de commentaires». Sans blague ! La surpopulation carcérale, le manque de moyens financiers et humains, et la mise en place de peines planchers ne sont bien sûr pour rien dans cette situation. La Garde des sceaux préfère d’ailleurs convoquer en pleine nuit un magistrat suite au suicide d’un mineur à la prison de Metz plutôt que de s’attaquer au fond du problème. Quand la communication prend le pas sur la politique…

 

La Cour européenne des droits de l’homme condamne pourtant depuis des années cette situation, en vain, car privation de liberté ne rime pas avec privation de droit, dont celui de vivre, même en prison. N’est pas Hugo qui proclamait, « Celui qui ouvre une porte d’école, ferme une prison ». Fermons des prisons et ouvrons des écoles !