Quand Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme se met à rêver de la fermeture de l’expostion Jeff Koons Versailles

Le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, qui se présente comme le « descendant en droite ligne de Louis XIV », a engagé une requête en référé contre l’établissement public du Musée et Domaine national de Versailles pour faire cesser l’exposition « Jeff Koons » organisée dans les salles et les jardins du château. Ce même Prince avait déjà écrit au Président Sarkozy il y a quelque semaine, pour le même motif, mais sans réponse.

Quels sont les griefs reprochés au Château de Versailles par Monsieur le Prince ? Atteinte du « droit immémorial » non « respect de ses aïeux », « profanation de ses ancêtres « , plainte qui s’inscrit dans le « droit à accéder à la connaissance du patrimoine sans contrainte pornographique ». Tout un programme.

On peut bien sûr s’interroger légitimement sur la présence de Koons à Versailles. Certes, Koons a été marié à la Cicciolina, star du porno italien, et certaines de ses œuvres sont sexuellement explicites. Mais de là à invoquer la « profanation de l’œuvre et de la mémoire de ses aïeux », diable ! La chapelle du château avait déjà été le théâtre, il y a quelques années, d’une manifestation de bigotes versaillaises qui s’étaient enchainées à l’entrée pour protester contre l’exposition de robes de mariée de Christian Lacroix, censé profaner ce lieu saint. Faire intervenir la justice pour demander la fin de cette exposition, c’est une étape franchie vers le grand n’importe quoi !

Les descendants des architectes et autres propriétaires de palais, de châteaux et de monuments prestigieux gérés par l’État et les Collectivités vont-ils interpeller la justice à chaque fois que l’usage qui en est fait n’est pas conforme à l’idée qu’ils s’en font, au nom du « droit immémorial » ? Faut-il donc figer l’usage des édifices à leur état (supposé) originel ? Peut-être faudrait-il rappeler à Charles-Emmanuel, que depuis l’accession au trône d’Espagne de son aïeul, il a perdu tous droits de succession au trône français, en vertu du traité d’Utrecht de 1713. Par conséquent, quelque soit les résultats de ses gesticulations, il ne ressortira pas grand-chose de cette (petite) histoire, tout juste bonne à lui offrir quelques heures de gloires.