Pas un seul jour sans que le mot « crise » ne soit prononcé

Pas un seul jour sans que le mot « crise » ne soit prononcé. Crise du pouvoir d’achat, crise financière, crise en Guadeloupe. Que fait le Gouvernement pour apaiser cette « crise » ? Il distribue des milliards aux banques. Pourquoi pas – il faut bien soutenir ceux-là même qui nous ont mis dans le mur – mais il ne demande pas de contreparties. Le pouvoir pense néanmoins à recaser ses protégés : son ancien chef de Cabinet à la tête de Dexia et son Secrétaire général adjoint de l’Elysée à la tête de la Caisse d’Epargne-Banque populaire. Le secteur automobile est lui aussi aidé. Pourquoi pas, la France ne peut se passer d’industries lourdes. Pour les salariés, les retraités, les étudiants, il faudra en revanche repasser plus tard, les caisses sont vides. A peine 3 milliards d’euros à se partager. Non seulement le plan de relance concocté par le gouvernement ne répond pas à la situation, mais il privilégie l’investissement sur la consommation (le plan de relance du PS propose 26 milliards pour l’investissement et 24 pour la consommation) et l’on s’étonne que les Français descendent dans la rue.
Alors que le Gouvernement tente de nous faire croire qu’il agit efficacement contre la crise, que fait-il pour les Antilles ? Il se contente juste d’envoyer son Secrétaire d’État, pas même le Ministre de l’Intérieur, pourtant également en charge de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales, et quelques centaines de CRS en plus.

Devant autant d’autisme, il faut se réjouir que le front syndical reste unifié et appelle à une manifestation nationale le 19 mars prochain pour infléchir le politique gouvernementale.

Ne pas confondre pratiques à risques et groupes à risques

Roselyne Bachelot a récemment signé un arrêté excluant les homosexuels du don de sang (le mettant au passage sur le compte de l’Union Européenne). Madame Bachelot explique très sérieusement, dans une interview accordée le 14 janvier à Libération, « qu’entre 10 et 18 % des gays sont contaminés [par le SIDA], alors que ce pourcentage est de 0,2 % pour les hétérosexuels » selon des « données épidémiologiques incontestable ». Si le risque semble en effet plus élevé chez les homosexuels, les nouvelles contaminations concernent désormais davantage les hétérosexuels, qui représentent près des 2/3 des contaminations en France.

 

Act up dénonce également cette mesure discriminatoire :
« Depuis la parution d’une circulaire en 1983, les hommes homosexuels sont exclus du don du sang parce que considérés comme appartenant à un  »groupe à risque ». Une réponse positive à la question  »Avez-vous eu des rapports sexuels entre hommes ? » lors de l’entretien préalable suffit pour se voir définitivement exclu du don du sang.
« La ministre justifie cette discrimination par la forte prévalence du VIH parmi les hommes homosexuels. Pourtant, d’autres pays comme le Portugal ont récemment ouvert le don du sang aux homosexuels au nom de  »l’égalité des critères pour tous »  sans pour autant mettre en péril la sécurité transfusionnelle.
N’y a t-il donc pas confusion entre pratiques à risques et population à risques ? La vraie question ne porte pas sur l’orientation sexuelle mais bien sur les pratiques sexuelles à risques. Quelle différence entre une relation à risque entre un homme et une femme ou entre deux hommes ou deux femmes ? Aucune.

 

Il y a donc lieu de s’indigner devant cet arrêté, discriminant pour les homosexuels. Il ne s’agit pas de nier les risques liés à la transfusion sanguine qui sont réels et sérieux, mais il faut dénoncer des pratiques d’un autre âge qui consistent à exclure un groupe sur sa seule orientation sexuelle, alors même que l’ESF a un besoin sans cesse croissant de dons.