Retour sur deux sujets : Jean Sarkozy et Frédéric Mitterrand

Décidément, le gouvernement actuel nous réserve sans cesse de nouvelles surprises. Ce qui est devenu « l’affaire Jean Sarkozy » est symptomatique de ce gouvernement coupé de la « France d’en bas », pour reprendre le terme d’un ancien Premier Ministre, plus préoccupé par le sort de l’Ile-de-France et de Paris que du reste du territoire national. Pourtant, l’action de l’État dans notre région n’est pas à la hauteur de ce qu’il devait être et c’est bien Jean-Paul Huchon et les élus régionaux qui se sont engagés dans la lutte contre les inégalités sociales, économiques et territoriales. C’est la Région qui finance plus de 100 logements sociaux chaque jour, qui a accordé la gratuité des livres scolaires, celle des transports pour les chômeurs ou encore la carte Imagin’R pour les jeunes. Nos élus de Gauche sont véritablement aux côtés des Franciliens, ne sont pas préoccupés par la course aux profits ou aux prébendes. Ils sont fidèles aux valeurs de gauche que nous défendons, loin de cette droite héréditaire et sans scrupule.
Je ne reviendrais pas sur cette nomination / élection censée propulser les jeune vers le devant de la scène politique et économique. Quand on est bien né (et bien marié !), un tel poste, avec ou sans son DEUG ne fait pas peur. Gérer plusieurs millions des millions de m² et des milliards d’euros, de ce qui n’est qu’une des premières zones d’affaires d’Europe, dans le département le plus riche de France, est bien évidemment à la portée d’un jeune homme de 23 ans. On appréciera d’ailleurs avec quelle force les membres du gouvernement ont pris sa défense, répétant scrupuleusement et méticuleusement l’argumentaire que l’Élysée leur avait visiblement envoyé. On pourra également admirer le travail de la presse française qui, pour une fois, s’est permise de critiquer l’action de
Nicolas Sarkozy insulte là toute cette jeunesse française qui, par son labeur, ses idées, son dynamisme, et loin de toute hérédité, s’engage dans la vie professionnelle, dans le secteur associatif, dans la société. Il méprise tous ces jeunes, qui malgré leurs diplômes, sont laissés sur le bord de la route et qui représentent pourtant notre avenir à tous.
Cette semaine a également été marquée par une autre affaire – « l’affaire Mitterrand » – qui a déchainé les politiques et la presse avec un relan d’homophobie non dissimulé. Le télescopage de l’actualité est d’ailleurs étonnant, entre l’arrestation de Roman Polanski accusé d’agression sexuelle sur une mineure (il y a 30 ans ! ), les témoignages de Moralité de Mitterrand dans un procès pour viol sur mineurs et le Créteil Bébel qui refuse de jouer un match de gala au côtés du Paris Foot Gay.

D’un côté, la défense d’un artiste qui aurait eu une relation sexuelle sur une mineure, mais consentante. Médias, politiques et show-business se sont empressés de prendre la défense du cinéaste. De l’autre, un club de foot, accusé d’homophobie pour avoir refusé de jouer contres des joueurs ouvertement homosexuels (avec également quelques susceptions mal placées d’intégrisme religieux contre les joueurs de Bebel) avec une réprobation unanime et bienvenue des médias. Au milieu, l’épandage de la vie sexuelle d’un ministre de la culture, qui ne s’est pas illustré par des prises de paroles toujours adroites.

 
Il ne s’agit pas pour moi de prendre sa défense, mais cette confusion volontairement entretenue par certains hommes politiques, même de gauche, entre homosexualité et pédophilie, est ignoble pour plusieurs raisons. D’une part, elle a été lancée par Marine Le Pen, Vice-Présidente du FN (tien, une autre poste héréditaire !) qui a (sciemment ?) modifié les propos de Mitterrand en faisant croire qu’il était attiré par les « petits garçons » alors même qu’il s’agissait de garçons majeurs. Que la gauche s’engouffre dans cet amalgame est répugnant. Quelle régression de laisser croire qu’aimer des hommes signifie forcément aimer des hommes jeunes, donc des enfants. D’autre part, quelle hypocrisie de condamner la prostitution, à croire qu’en France ou en Europe, aucun homme, ou même aucune femme, ne paye pour des relations sexuelles consenties ; l’exploitation de la misère ne se fait pas que dans les pays tropicaux. S’agit-il ici d’un retour aux bonnes mœurs, à une société pudibonde et prude où seul l’homme hétérosexuel et macho aurait sa place ?

Votation sur l’avenir de La Poste : un succès populaire

Près de 800 votants ce samedi sur l’avenir de La Poste dans le 4ème arrondissement, plus de deux millions sur toute la France. Cette votation a été un véritable succès avec un message très clair : non à la privatisation de La Poste et, en filigrane, le refus de la casse du service public. Il s’agit d’un véritable succès pour cette votation citoyenne à l’initiative d’un collectif de syndicats, d’associations et de partis politiques de gauche, preuve que des causes qui nous sont communes peuvent nous rassembler. J’en profite d’ailleurs pour remercier les camarades du PS et ceux du PC qui ont tenus les urnes ce samedi.

Les Français se sont reconnus dans cette votation, sur un enjeu majeur. Il ne s’agit pas de refuser l’évolution du service postal, mais bien de s’opposer à sa privatisation qui est en marche, sans réelles garantie d’amélioration de la qualité du service. On se souvient de la promesse d’un certain Nicolas Sarkozy à propos d’EDF / GDF qui affirmait haut et fort qu’il n’y aurait pas de privatisation. Qu’en est-il aujourd’hui ? GDF s’est fondu dans Suez et Henri Proglio s’apprête à prendre la tête de l’électricien français, tout en cumulant une fonction de président non exécutif du conseil de surveillance.

 

Sarkozy gdf
envoyé par petitnico2007.

La Poste n’est pourtant pas qu’une vulgaire entreprise, il s’agit d’une véritable entreprise de service public, qui au delà de ses missions principales de service postal universel, remplit également une mission d’aménagement du territoire. Le statut actuel de la Poste, un Établissement public industriel et commercial (EPIC), soumis aux mêmes règles que les entreprises publiques de droit privé, n’est pas un frein à sa modernisation, comme l’affirmait d’alleurs Jean-Paul Bailly, son président « la forme juridique de La Poste n’est absolument pas un frein à sa modernisation et à sa préparation pour l’ouverture à la concurrence ». On ne peut plus claire. Dès lors, la seule justification de libéralisation complète des services postaux d’ici le 1er janvier 2010 dans toute l’Europe ne tient plus.

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