« Vous être Français, prouvez-le »

Les difficultés croissantes que les Français nés à l’étranger ou nés en France de parents étrangers ou devenus français par naturalisation rencontrent à chaque renouvellement de pièces d’identité, la nécessité de devoir, à chaque fois, prouver leur nationalité, traduisent un climat de suspicion intolérable, et une peur de l’étranger dont il faudrait se prémunir à toutes forces.

C’est pourquoi la ligue des droits de l’homme et Daniel Karlin ont lancé un appel « dénonçant une logique résultant d’une peur de l’Étranger, dont il importerait de se prémunir à toute force, y compris en suspectant des millions de Français. Et parce que nous refusons que ces situations se règlent par des passe-droits en faveur de ceux qui ont les moyens de protester contre de telles discriminations, nous exigeons que le gouvernement y mette un terme et rétablisse un traitement normal et égal pour tous de la délivrance des pièces d’identité.»

Il y a quelque chose d’intolérable à faire ainsi de millions de Français d’origine les plus diverses des personnes suspectes a priori de fraude, puisque ce sont à elles de prouver leur nationalité et non à l’administration de démontrer une fraude ou une erreur, loin de simples « désagréments administratifs » décrit par le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux.

Signez l’appel pour que le gouvernement « rétablisse un traitement normal et égal pour tous de la délivrance des pièces d’identité ».

A titre personnel, j’ai signé avec empressement cet appel, confronté moi-même, il y a quelques années aux questions de l’administration qui cherchait à prouver ma nationalité française, à l’occasion du renouvellement de ma carte d’identité – et encore les directives ministérielles étaient plus souples qu’elles ne le sont aujourd’hui.

 

Né d’une mère française, et d’un père danois, en Belgique, le fonctionnaire me demander de prouver que je suis bien Français. Bien que disposant d’un passeport en bonne et du forme, ce dernier me répond qu’il s’agit d’un titre de voyage et non d’un titre d’identité. Il est pourtant indiqué « de nationalité française » sur la page numéro 3, mais bien que jamais inquiété pas la douane lors de mes déplacements, j’en conclue que l’administration française m’a procuré un faux document. Je dispose également d’un extrait officiel de mon acte de naissance délivré à Nantes, mais là aussi, refus du fonctionnaire. Heureusement, je dispose de ma carte d’électeur. Sauvé, je pourrai disposer de ma carte d’identité.

 

La conclusion de cette malheureuse histoire, désormais si courante pour des milliers de concitoyens ? Français par filiation, éduqué dans le système français, il est presque vexant de devoir prouver son appartenance à un pays que l’on a toujours considéré comme le sien. Comble du paradoxe, j’ai même signé lors de mes 16 ans, mon souhait d’être français en m’inscrivant sur les liste de recensement militaire et renié ma deuxième nationalité.