Le nouveau Gouvernement a pris ses marques avec un sans faute

Il faudra s’y habituer : désormais nous allons devoir parler du « Président de la République » et du « Premier Ministre » et non plus de François et de Jean-Marc ! Le nouveau Gouvernement a pris ses marques avec un sans faute ; parité respectée, réduction de 30% des salaries et charte déontologique. Cette dernière relève sans doute du bon sens, mais il est parfois utile de rappeler ce qu’est « la normalité ».

Sans me lancer dans un commentaire de texte auquel vous vous êtes certainement déjà tous livrés, quelques extraits méritent d’être soulignés : « Le bon fonctionnement d’une démocratie passe par l’existence d’un lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent. (…) Elle se construit jour après jour, au vu de l’action du gouvernement et de l’image donnée par ceux qui en sont membres. Un manquement isolé peut, à lui seul, suffire à l’entamer durablement », peut-on lire en introduction du texte. (…) « Les membres du gouvernement sont au service de l’intérêt général. Ils doivent, non seulement faire preuve d’une parfaite impartialité, mais encore prévenir tout soupçon d’intérêt privé. »

Quand l’on pense aux voyages de Michèle Alliot-Marie, aux cigares de Christian Blanc, à l’accident provoqué par l’escorte de Nadine Morano qui partait tracter dans sa ville… Voilà donc les débuts de la République exemplaire voulue par François Hollande qui a rappelé que le non-cumul des mandats serait appliqué sans délai. Saluons notamment l’entrée au Gouvernement de Dominique Bertinotti comme Ministre déléguée à la Famille à qui nous souhaitons un beau succès dans ses nouvelles missions comme à l’ensemble des nouveaux ministres dont nous savons la tâche ardue.

Donner une majorité au changement

Au soir du 6 mai 2012, nous célébrions la victoire de François Hollande qui marque le retour d’un socialiste comme Président de la République 24 ans après notre dernier succès à une élection présidentielle. Il y a quelques jours nous fêtions cette journée du 10 mai 1981 qui portait François Mitterrand à l’Élysée. Quel beau parallélisme ! Avec l’élection de François Hollande, c’est également la blessure du 21 avril 2002 qui s’efface.

Il sera en revanche plus difficile de gommer les 5 ans d’action du gouvernement Sarkozy-Fillon qui a mis la France à genoux. Tout au long de la campagne, l’UMP n’a eu de cesse de faire référence au gouvernement de Lionel Jospin, essayant de nous faire croire que les échecs du quinquennat étaient le résultat de cette Gauche plurielle et concédant du bout des lèvres que la crise mondiale avait perturbé la route des réformes. Nous savons qu’il n’en est rien.

La tâche qui s’offre à nous n’en est pas plus aisée. Nous passons de 10 ans d’opposition à la majorité. C’est désormais à nous d’accompagner le Président de la République et son gouvernement auprès de l’opinion. Nous devrons ainsi être unis pour porter les réformes qui vont prochainement et progressivement se mettre en œuvre. Il a souvent été répété cette semaine qu’il ne fallait pas ajouter à la crise économique une crise politique avec un gouvernement de cohabitation. Rien ne serait pire en effet qu’une droite triomphante de retour au Palais Bourbon. A nous de faire campagne jusqu’au 10 et 17 juin pour élire nos députés et donner une majorité au changement.

Cette campagne des présidentielles nous a tous beaucoup mobilisés et nous aspirons toutes et tous légitimement au repos. Encore un petit coup de collier et nous aurons complètement gagné.

100 photos de Martin Parr pour la liberté de la presse

Reporters sans frontière fête cette année ses 20 ans !  Cette ONG se bat sans répit pour défendre les journalistes et collaborateurs des médias emprisonnés ou persécutés pour leur activité professionnelle, et dénonce les mauvais traitements et la torture dont ils sont victimes dans de nombreux États. Rien que pour l’année 2012, RSF a dénombré 22 journalistes tués et 158 d’entre eux emprisonnés.

Comme chaque année, l’album « 100 photos pour la liberté de la presse » est publié, une façon simple de soutenir la liberté d’information. Reporters sans frontières a choisi de mettre à l’honneur l’oeuvre du photographe britannique Martin Parr, figure emblématique de la photographie contemporaine.

Cet album, consacré à son travail sur le tourisme de masse, montre des « pèlerins » conditionnés à faire partout la même chose à la même heure : visites au pas de course, le nez collé à l’objectif, bousculades au pied des monuments, scènes de plages surpeuplées. Drôle et parfois cruel, celui qui dit vouloir juste « photographier ses contemporains » saisit depuis plus de trente ans notre modernité dans toute son absurdité.

L’occasion également de rappeler que François Hollande a pris l’engagement de garantir la liberté de la presse : « La désignation des responsables des chaînes publiques de télévision et de radio dépendra d’une autorité indépendante et non plus du chef de l’Etat ou du gouvernement. Je préserverai l’indépendance de l’AFP et je renforcerai la loi sur la protection des sources (Engagement 51) ».

Maintenant, c’est à vous d’écrire l’histoire.

Voilà des mois que nous sommes sur le terrain à nous préparer à cette élection présidentielle. Dimanche soir, sauf en cas de cataclysme, François Hollande devrait être élu par les Français 7ème Président de la Vème République. Mais nous savons tous que les élections se jouent dans les urnes. Si la campagne officielle se termine ce vendredi soir à minuit, rien ne vous empêche de convaincre vos amis, voisins, vos collègues… de voter pour notre candidat. Rien ne serait pire qu’une démobilisation dans la dernière ligne droite où notre excès de confiance pourrait être perçu comme une victoire anticipée. Cela fait 24 ans que le PS et la gauche n’ont pas gagné ; il faut donc aller chercher toutes les voix sans arrogance pour que la victoire soit la plus large possible.

Le premier tour a fait la preuve d’une France bien plus mobilisée qu’annoncés par les sondeurs. Mais il a aussi révélé un visage inquiétant de notre pays : une très forte poussée d’une extrême droite décomplexée et un pays fragilisé par la crise, le chômage, la peur de l’exclusion, une exacerbation de la haine des autres. La droite républicaine est mal à l’aise après 5 ans de Sarkozysme effréné et dans le même temps, la Gauche a remonté la pente avec un PS en tête. N’oublions pas que les défis seront très nombreux à relever. Notre société a souffert et il serait trop simple de faire endosser aux crises mondiales cette responsabilité. C’est aux femmes et aux hommes politiques de proposer une vision de la France qui rassemble, qui apaise et qui unit. Les appels aux votes des candidats recalés au premier tour vont d’ailleurs tous dans ce sens. Mais ne nous y trompons pas, si François Hollande gagne ce dimanche 6 mai, tout comme le PS lors des législatives, il serait illusoire de croire à un gouvernement d’union nationale comme l’a suggéré François Bayrou. Les Français vont élire un homme demain, choisir pour un programme qui est clair et précis : priorité à l’emploi, à la croissance, à l’innovation industrielle, à la réduction des déficits publics, à une République juste et exemplaire, à l’école, à la cohésion sociale. Pendant 5 ans, la Droite a voulu nous faire oublier que la France est une et indivisible, que les corps intermédiaires avaient toute leur place dans notre système démocratique. Oui, les plus faibles et les plus fragiles doivent être défendus contre les plus riches et les plus forts, les libertés d’opinions et les libertés publiques doivent être sans cesse défendues, l’Europe doit être considérée comme une chance et non comme une contrainte. Vivre ensemble dans nos différences n’est pas une menace pour notre propre identité.

Il ne s’agit pas là d’un générique de fin, même si évidemment, quelque soit l’issue du scrutin de dimanche soir, une nouvelle page politique va se tourner. D’autres rdv nous attendent pour les législatives pour lesquelles il faudra nous mobiliser avec la même force. Dimanche, chaque voix va compter pour rassembler la France. Comme l’a dit François Hollande, « L’enjeu de cette élection, c’est le rassemblement, rassemblement des citoyens, rassemblement des forces, forces de la création, forces de la culture, forces de la jeunesse, forces sociales. Oui, c’est ce rassemblement de tous les atouts de la France. » Parce que le changement, c’est maintenant !