Aller de l’avant sans impatience

A peine quelques jours après la rentrée politique, le Gouvernement est sous le feu des critiques. Quelles soient justifiées ou non (et la plupart ne le sont pas), il n’empêche que s’installe un climat qui ne nous est pas propice. Nous sommes toujours plus indulgents avec les nôtres, mais peut-on vraiment trois mois après une prise de fonction prétendre résoudre tous les maux de notre pays ? Trop habitués aux soubresauts du cabri Sarkozy, nous sommes impatients devant la méthode Hollande qui prend le temps de la réflexion, de la concertation, du dialogue, et de l’analyse. La liste est longue des changements que nous voudrions rapidement voir arriver : le taux de chômage, les créations d’entreprises, la courbe des exportations… s’inscrivent dans le temps long et les engagements tenus par le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault sont loin d’êtres anecdotiques.

 

Nous savons que les efforts nécessaires pour redresser la vitalité de notre pays seront lourds ; ils ne seront acceptés que s’ils sont justes et si le joug du réalisme économique est équitablement supporté. Pour autant, le Politique ne peut se résumer aux seules baisses des dépenses publiques ou à la révision des mécanismes fiscaux. Malgré ce contexte de crise, la course au triple A n’est pas un objectif qui est partagé par nos concitoyens : trop technique, trop abscons. Sans faire de la politique spectacle ou de la démagogie, nos concitoyens ont besoin de mesures qui incarnent la philosophie et l’éthique de nos hommes et femmes politiques. Le droit de vote des étrangers ou le mariage pour tous par exemple ne vont pas révolutionner le cours des affaires de la France mais bien celui des mentalités. Une société juste et généreuse, qui n’oppose plus les citoyens les uns aux autres en fonction de ce qu’ils sont mais qui les unit dans la fraternité républicaine.

 

La tenue du Congrès de Toulouse qui rebat les cartes au sein du PS qui a brillé de ses meilleurs feux depuis un an ou les traumatismes du Congrès de Reims ne doivent pas nous freiner d’aller sans cesse de l’avant et sans impatience.