Droit de votes des étrangers : des citoyens comme les autres

afp.com/Thierry Zoccolan

afp.com/Thierry Zoccolan

Un sondage paru hier, largement repris par la presse, pose une question simple : êtes-vous favorable à « l’extension du droit de vote aux élections municipales aux étrangers non membres de l’Union européenne et résidant en situation régulière depuis au moins cinq ans sur notre territoire ?« . La réponse fait froid dans le dos, seules 40% des personnes interrogées répondent favorablement à cette réforme. Il y a à peine 3 ans, ils étaient pour à plus de 60% en 2011 !

Outre le fait que ce chiffre révèle un rejet de l’étranger (sans que l’on sache très bien ce que recouvre le terme étranger), il doit nous interroger et questionne également sur la mise en œuvre des promesses de campagne. Le candidat François Hollande en avait fait l’engagement n° 50: « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. »

Qu’en est-il aujourd’hui ? Cette « revendication forte de la société » comme l’exprimait alors celui qui était Ministre de l’Intérieur est toujours lettre morte. Pourtant, ces étrangers ont fait le choix de s’établir en France ; ils y travaillent, payent des impôts, mais n’ont pas le droit de décider de leur propre avenir. De quoi – ou de qui – avons-nous peur ? Sans cesse, il est fait mention du « vivre ensemble », de la « cohésion nationale ». Souder son peuple, n’est-ce pas lui donner les clés de son avenir ? Choisir ses élus en fait partie. Et encore, l’engagement 50 ne concerne que le droit de vote aux élections locales.

La Charte des socialistes pour le progrès humain fait pourtant de « l’égalité réelle » une des doxa de la gauche : « nous construisons l’égalité réelle. C’est d’abord dans l’aspiration à l’égalité que se forge la séparation entre la gauche et la droite. Pas d’humanité libre sans individus libérés des inégalités de situation, de revenus, de destin ! »

Ce sondage vient nous le rappeler, l’opinion ne serait pas mûre pour une telle réforme. Et alors ? La comparaison est osée, mais souvenons-nous des débats lors l’abolition de la peine de mort. Robert Badinter dans son discours à l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981 affirmait : « attendre, comme si la peine de mort ou la guillotine était un fruit qu’on devrait laisser mûrir avant de le cueillir !  Attendre ? Nous savons bien en vérité que la cause était la crainte de l’opinion publique. » L’opinion publique, voilà donc ce qui tétanise nos élus.

Pourtant, l’argumentaire du Garde des Sceaux était imparable : l’abolition était en engagement de campagne du Président François Mitterrand qui n’avait pas hésité à affirmer au cours de son débat télévisé du second tour de la présidentielle le 16 avril 1981 : « je n’ai pas du tout l’intention de mener ce combat à la face du pays en faisant semblant d’être ce que je ne suis pas. Dans ma conscience profonde, (…) je suis contre la peine de mort. Et je n’ai pas besoin de lire les sondages, qui disent le contraire, une opinion majoritaire est pour la peine de mort. Eh bien moi, je suis candidat à la présidence de la République et je demande une majorité de suffrages aux Français. »

La comparaison s’arrête là, d’autant qu’il n’est question « que » du droit de vote des étrangers, soit une ambition bien modeste au regard de la vie humaine. Et si l’on veut être honnête, cet engagement figurait déjà dans les promesses de campagne de François Mitterrand.

Les arguties juridiques et politiques sont toutes plus légitimes les unes que les autres : la réforme du droit de vote relève du Congrès où la gauche n’obtiendrait pas les 3/5 des voix nécessaires à la modification de la Constitution. Là aussi, et alors ? Faire passer une telle réforme tout en sachant qu’elle ne passerait pas serait seulement faire de la politique : le gouvernement aura tenu sa promesse, et les élus qui s’y seraient opposés en seront comptables devant le peuple.

Comme le disait Pierre Mendès France, « gouverner, c’est choisir », ça n’est pas se laisser aller aux enquêtes d’opinions.

Je ne résiste pas d’ailleurs à reprendre les propos d’Edmond Maire, secrétaire général de la CFDT, qui en 1983 alors que Robert Badinter est au plus bas dans les sondages déclarait dans une tribune au Monde « Robert Badinter est l’honneur de la gauche  (…) non seulement Robert Badinter est l’honneur de la gauche, mais si l’on veut savoir ce que c’est que la gauche dans un monde en crise, dans un monde où règne une grande insécurité, Badinter en donne l’exemple». 33 ans plus tard, je rêverais moi aussi d’un nouveau Badinter qui serait l’honneur de la gauche.

D’abord parce que, à l’instar du mariage pour tous, le droit de vote des étrangers est un marqueur politique fort pour la gauche. Ensuite, parce que respecter ses promesses redonnerait confiance au peuple dans ses élus. Non pas que le gouvernement ne tienne pas ses engagements, mais il faut du souffle ! Alors que le Parti Socialiste vise 500 000 adhérents d’ici 2017, il serait bon de ressouder les citoyens entre eux.

Cambadélis, qui a mis en place au « dispositif anti-FN » au PS, sait certainement mieux que quiconque que les arguments intellectuelles c’est bien, mais que convaincre par la preuve c’est encore mieux.

 

 Voir aussi : Votation citoyenne pour le droit de vote des étrangers aux élections locales (26 mai 2011)

 

Les 1000 recommandations de la commissions des affaires culturelles

Loin d’être avare en réunion de travail, la Commission des Affaires culturelles et de l’éducation a publié ce 15 février un rapport sur les « recommandations faites par la commission des affaires culturelles depuis 2002 ». 10 ans d’avis, de propositions, de recommandations, de contrôles.

 

L’accélération du temps politique, et donc parlementaire, contraint les députés à absorber toujours plus de propositions de lois et à augmenter les missions d’évaluation des politiques publiques. La commission, qui couvre 8 grands champs (cf. article précédent à ce sujet), a ainsi émis plus de 22 rapports d’information, et 85 avis relatifs aux projets de loi de finances sans compter les plus de 1000 recommandations qui ont découlées de leurs travaux.

 

C’est toute l’ambition de ce rapport dont on ne peut que suggérer vivement la lecture et qui se veut selon les propos de Patrick Bloche, à l’initiative de ce rapport, « un outil de référence et prospectif pour les réformes à venir ». La très riche liste des recommandations – autant politiques que techniques – ne sera pas égrenée mais il faut souligner le caractère inédit de cette démarche qui laisse place à la pluralité des opinions, et qui n’hésite pas à afficher la confrontation des points de vues entre majorité et opposition, quelques soient les Gouvernements en place.

 

La publication de ce rapport mérite donc une large publicité, non pas tant pour l’avalanche des chiffres ou de propositions, mais parce qu’elle est un juste reflet du travail remarquable et bien souvent sous-estimé voire occulté, des député-es toutes tendances politiques confondues qui se placent clairement dans une logique de contrôle et d’évaluation de l’action publique. Encore une fois, un travail qui va dans le sens de la transparence de la vie politique.

 

Le rapport d’information

Améliorer le processus de recrutement à la tête des grandes institutions culturelles

Patrick Bloche, président de la Commission des Affaires culturelles et de l’éducation – qui couvre un vaste spectre : enseignement scolaire et supérieur, recherche,  jeunesse, sports, activités artistiques et culturelles, communication et propriété intellectuelle – a proposé courant décembre une « résolution aux fins d’améliorer le processus de recrutement à la tête des grandes institutions culturelles ».

 

Aujourd’hui, la plupart des nominations au sein des grandes institutions culturelles relèvent des prérogatives du Chef de l’État, sur proposition – ou non – du Ministre de la culture et de la communication. Les qualités des très nombreux patrons d’établissement ainsi nommés ne sont pas en cause malgré des inévitables polémiques de circonstances. Ce système discrétionnaire, propre à notre Vème République, montre cependant ses limites. Car à ne pas chercher à confronter les projets artistiques et culturels des candidats aux postes de direction, la tentation est forte de privilégier les parcours les plus classiques et consensuels ou a contrario les plus atypiques. Quid de la diversité des formations universitaires, des parcoures professionnels, des origines sociales ? Qu’en est-il de la place des femmes qui représentent moins de 20% des postes à responsabilités dans la culture ?

 

Ne faudrait-il pas au contraire chercher à renouveler les talents, briser la reproduction des élites qui empêche tout ascenseur social au profit des réseaux d’influences ou de pouvoir ? Il ne s’agit pas de crier au « tous pourris », bien au contraire, mais de lancer un appel à faire bouger les lignes. Redisons-le, dans leur immense majorité, les établissements publics sont dirigés par de très grands talents mais ce système a vécu et ne correspond plus aux évolutions de notre société. Les institutions ne mériteraient-elles pas que chacun des prétendants au poste de directeur ou de directrice puissent exposer leur vision de l’établissement dans le seul but de favoriser la seule logique de projet plus que d’homme ?

 

La Ville de Paris, par exemple, comme d’autres grandes villes, applique déjà avec succès ce processus qui n’enlève rien aux prérogatives de l’exécutif, bien au contraire : citons la Maison des Métallos, le CENTQUATRE et bien d’autres établissements encore.  Ce mode de nomination ne fait que renforcer les décisions des élus, qui deviennent de facto transparents. Les actuelles discussions sur le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi ne se sont-elles pas d’abord faites entre les parties prenantes : syndicats d’un côté et organismes patronaux de l’autre ? Ce dialogue social n’a-t-il pas sa place dans toutes les strates de l’administration ? Le champ de la culture ne peut être exclu du dialogue avec l’ensemble des acteurs qui la compose. Espérons que le message de Patrick Bloche soit pleinement entendu.

Le site de Patrick Bloche

Debout l’Europe !

On ne compte plus les sommets de la dernière « chance » pour sauver l’Europe et l’euro. Ni les critiques incessantes qui fusent sans cesse contre cette supposée machine technocratique, froide et inerte, renfermée dans sa capitale Bruxellois. Pourtant, l’Europe est un idéal politique qui part d’une idée généreuse et pragmatique : rassembler les peuples au sein d’une communauté de destin pour cicatriser les blessures de deux Guerres Mondiales.

Partant du constat de cette crise européenne durable, Daniel Cohn-Bendit (qu’on ne présente plus) et Guy Verhofstadt (ancien premier ministre Belge et président du groupe ADLE – Alliance des Démocrates et des Libéraux  pour l’Europe – au Parlement Européen) proposent au travers d’un manifeste « Debout l’Europe » leur vision, un peu décousue mais décoiffante, pour une Europe du future et des Européens.

Le constat des deux auteurs est simple : la crise européenne est une crise existentielle. Le projet européen est en panne et ne répond plus aux nouveaux défis économiques, financiers et politiques du monde. L’Europe a été incapable d’innover et de s’adapter face à une mondialisation galopante, à l’émergence de nouvelles forces économiques que sont la Chine et l’Asie dans son ensemble, l’Inde, la Russie, l’Amérique latine. Qu’y a-t-il de commun entre le projet des pères fondateurs de l’Europe des années 1950 basé sur un marché commun de l’acier et du charbon et une économie sans frontière qui est la nôtre aujourd’hui ?

Cohn-Bendit et Verhofstadt dénoncent l’inertie coupable des dirigeants politiques européens coupables à leurs yeux d’avoir favorisé les égoïsme nationaux au détriment du destin de l’Europe : « Les États membres portent l’entière responsabilité de la débâcle, c’est leur incompétence qui a mené la crise de l’euro. (…) C’est leur aveuglement qui a fait chavirer l’Europe pour la livrer à un monde dans lequel elle ne joue plus aucun rôle significatif. (…) Si ce sont les intérêts mesquins et l’égoïsme qui l’emportent, nous ne nous en sortions pas ».

L’Europe doit entamer sa révolution et ne peut plus se contenter des statu quo. Aujourd’hui, trop d’États membres considèrent l’Europe comme un simple pourvoyeur de fonds (David Cameron qui n’arrive pas à dépasser la vision comptable de Tacher qui proclamait : « I want my money Back ») voir comme un simple concepteur de normes. Pourtant, avec plus de 500 millions d’habitants et un PIB supérieur à 15 000 milliards d’euros, l’Europe pourrait être l’une des premières puissances politiques mondiales. Et comment s’y retrouver avec un Président de la Commission européenne, un Président du Conseil,  un Président du Parlement Européen, 27 chefs d’État et de gouvernement, autant de Ministres de Affaires étrangères et autant de ministres de l’économie. La remise du prix Nobel de la Paix attribué à l’Europe pour distinguer les « idéaux de l’intégration européenne, qui ont permis, depuis le traité de Rome de 1957, de conserver la paix sur un continent autrefois coutumier des guerre » a révélé toute l’absurdité de notre gouvernance incapable de savoir à qui remettre le prix !

Cohn-Bendit et Verhofstadt, eux, ont une solution simple : élire «  des fédéralistes européens, des hommes et des femmes qui incarnent l’intérêt européen (…) avec un président élu directement par les citoyens européens ou par le Parlement » base d’une « grande union fédérale (…) avec des institutions capables d’imposer le respect des règles du jeux. (…) Concrètement, la Commission européenne (serait) un véritable gouvernement européen avec des ministres européens ».  Et c’est bien là la ligne centrale de ce manifeste : que l’Europe devienne fédérale, la seule option pour la sortir de l’ornière dans laquelle elle se trouve.

Les auteurs vont encore plus loin en suggérant de convertir les différents sièges occupées par les États membres en siège unique pour l’UE : conseil de sécurité de l’ONU, Banque mondiale, FMI…. pour que la voix européenne soit encore plus audible.

Aujourd’hui, l’Europe n’arrive pas à dépasser son histoire : elle qui a été au centre du monde pendant deux millénaires est tétanisée par la nouvelle donne mondiale. Elle est figée dans l’après-guerre, oubliant que la Guerre Froide est terminée depuis plus de 20 ans, que dans moins de 10 ans la Chine sera au même niveau économique que l’Europe ou que le Brésil est devenu la 6ème puissance économique mondiale… Quelle triste ironie : l’Europe qui a su pendant plus de 60 ans offrir au monde un visage démocratique émancipateur est incapable d’affronter la mondialisation, embourbée qu’elle est dans la crise de l’Euro.

La crise financière occupe d’ailleurs une place de choix dans ce manifeste avec une critique acerbe de l’action des États membres : «depuis 2008, les États ont injecté pas moins de 4600 milliards d’euros dans les institutions financières sous formes de subventions publiques ou de garanties financières » alors même qu’elles se moquent bien des frontières nationales. Comment faire face à cette crise en étant désordonnés  s’interrogent nos deux parlementaires européens ? Seule la Banque centrale européenne peut encore faire fluctuer à la hausse ou à la baisse les notations des trois principales agences mondiales.

Et quand est-il de la dette publique ? Celle des USA est  supérieure à celle de l’UE sans que leur économie n’en soit ébranlée. Le Japon affiche quant à lui une dette publique la plus élevée du monde sans que le Yen ne soit déstabilisé. Or, « la viabilité d’une monnaie requiert de la solidarité et de la discipline » que les Européens sont incapables d’avoir. Outre le fait qu’ils aient été « drogués par leurs taux d’intérêts bas », ils se sont sciemment abstenus de mettre en place une politique économique européenne commune en parallèle de la mise en œuvre de l’euro qui alimente la crise économique actuelle. L’Europe a besoin de croissance et doit pour cela afficher des finances publiques saines. Devant la crise que nous vivons, seule l’Europe est à même de proposer des solutions  au travers « d’un budget européen fiable et la mise en place d’un grand marché obligatoire libellé en euro ».

Les Européens sont également coupables aux yeux de Cohn-Bendit et Verhofstadt de refuser la mondialisation – et il est difficile de leur donner tort.  Elle peut être vilipendée, elle n’en reste pas moins vivace et que les Européens la refuse ne fera en rien reculer les autres pays du monde. Les Allemands l’ont très  bien compris, eux qui n’hésitent pas à négocier de grès à grès avec la Chine quitte à s’affranchir du discours commun porté par  l’Europe – ils l’ont bien démontré dans la sauvegarde de la filière solaire allemande. Montebourg a lui aussi perçu cette nécessité de plus de réciprocité dans les échanges mondiaux, mais portant ses arguments sur le seul terrain intellectuel et non économique. C’est bien notre incapacité à penser collectif et à innover qui plombe notre économie. Notre manque d’anticipation et de projet nous fait également rater le nouveau virage social et environnemental. L’Histoire a montré que les échanges et le négoce sont la base des sociétés come les nôtres.  A nous d’accompagner le modèle de société que nous voulons au lieu de le subir.

Au-delà des propositions politiques et économiques, le Manifeste dresse plusieurs pistes de réflexions tout aussi pertinentes :

– une croissance qui doit s’affranchir des énergies fossiles pour « contribuer de manière significative à la réduction des gaz à effets de serre, stimuler une croissance durable et replacer l’Europe au cœur des leaders économiques mondiaux ». La green economy est une des réponses de sorties de crise puisqu’elle propose de l’innovation et de l’emploi afin d’aboutir au green deal ;

–  un renforcement de la coopération politique internationale. L’Europe a su faire la preuve que l’union était facteur de progrès. Or, dans les décennies à venir, les conflits porteront sur l’accès aux ressources vitales ;

–  la défense des libertés essentielles. L’Europe doit défendre ce qui est son essence même – les libertés individuelles face au poids des traditions – et lutter contre les fantasmes populistes ;

–  la promotion du multiculturalisme, pour une « société ouverte, sources d’inépuisables de découvertes » cette variété étant aussi importante que la variété biologique ;

–  l’acceptation de l’immigration alors que la population européenne vieillit de manière inexorable. Dans le monde arabe, 60% de la population n’aura même pas 30 ans quand la population mondiale aura atteint 10 milliards. Le nombre de travailleurs en Europe ne peut que baisser quand le nombre de retraités augmente.

–  le refus du nationalisme qui entraine un replis des nations sur elle-même contraire l’esprit même de la construction européenne et de la richesse culturelle de ses habitants.

Un Manifeste qui a le mérite d’insuffler une nouvelle impulsion au projet européen et qui permet à celles et ceux qui douteraient – encore – de la capacité de l’Europe à fédérer les peuples, à promouvoir le progrès et la cohésion sociale. En 1957, des hommes visionnaires ont su unir leur pays dans un destin commun, facteur de paix, de stabilité et de prospérité. A nous aujourd’hui de continuer cette belle œuvre commune. Et comme le disait Jean Monnet, « les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité dans la crise. » Au regarde de la crise actuelle, le changement a un bel avenir devant lui !

Cohn-Bendit, Verhofstadt, Debout l’Europe, Actes Sud /André Versaille Editeur, Septembre 2012

Être au service des autres est sans doute l’une des plus belles missions citoyennes

Les débats politiques télévisés affichent parfois un style convenu où chacun joue son rôle aussi strictement qu’une partition de musique. Cette semaine, pourtant, nous avons pu assister à deux grands moments télévisuels. Jeudi, l’émission de Pujadas, Des Paroles et des actes, voyait se confronter Henri Guaino et Marine Le Pen. Alors que ce premier s’évertue à nous expliquer que l’UMP ne chasse aucunement sur les terres frontistes, qu’avons nous vu ? Une aimable conversation de salon sur un ton aimable, mesuré, respectueux. A aucun moment Guaino n’a cherché à mettre en difficulté son interlocutrice. En revanche, il a fait preuve de bien moins de courtoisie ce samedi lors de l’émission La Voix est Libre sur France 3 où il débattait avec Jérôme Guedj. Alors que le Président PS du Conseil général de l’Essonne qualifiait de « délétère » et « d’indigne » le débat sur l’identité nationale, Guaino s’en est violement pris à son contradicteur.

(c) vidberg.blog.lemonde.fr/

Toujours jeudi soir, Marine Le Pen était invitée à débattre avec Jean-Luc Mélenchon. Mais de débat, il n’y en a point eu puisque le Président du Front de Gauche, dixit Le Pen « est un leurre, or, on ne débat pas avec un leurre, et encore moins avec la voiture balai du Parti Socialiste ». Étranges débats politiques qui voient une présidente de parti accepter de débattre avec un conseiller du Président de la République (qui par définition n’a pas vocation à apparaître sur les plateaux) mais qui refuse de dialoguer avec un homme politique désigné par les siens pour les représenter à l’élection suprême. Dans la même veine, Eva Joly voyait sa candidature remise en cause par Natacha Polony dans l’émission « On n’est pas couché » au motif que Nicolas Hulot aurait fait un « bien meilleur candidat », oubliant que là aussi elle avait été largement élue par les militants et sympathisants d’Europe-Ecologie-Les Verts.

Triste constat d’un débat politique nivelé par le bas par ceux-là même qui critiquent ce cirque médiatique auxquels sont exposés les Français. La politique est une affaire trop sérieuse pour que l’on s’en moque. Il ne s’agit pas seulement de porter ses idées, ses valeurs, ses engagements mais il faut également se comporter de manière exemplaire et en adéquation avec ses paroles. Être au service des autres est sans doute l’une des plus belles missions citoyennes, mais également l’une des plus exigeantes. Et les électeurs savent nous le rappeler.

L’égalité des droits, c’est maintenant !

« J’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. » C’est l’un des 60 engagements pour la France présentés aujourd’hui par François Hollande. C’est donc sans ambigüité que le candidat socialiste à la Présidence de la République affiche sa volonté d’une égalité des droits pour les couples de même sexe.

Parmi les 60 engagements pour la France de François Hollande, l’engagement 31 est consacré à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels. Avec cet engagement, François Hollande réaffirme sa volonté de lutter contre l’homophobie et d’assurer l’égalité des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bis et trans). Cet engagement concerne également leurs proches, leurs familles, leurs amis, leurs collègues… Ouverture du mariage à tous les couples, adoption ouverte à tous les couples mais aussi don du sang, lutte contre l’homophobie à l’école, possibilité pour les personnes trans de changer leur état civil sans condition médicale… l’engagement 31 de François Hollande peut changer la vie de chacun au quotidien.

Les socialistes ont déposé à de nombreuses reprises au cours des dernières années à l’Assemblée nationale et au Sénat des propositions de loi ouvrant le mariage et l’adoption à tous les couples. La majorité sortante y a systématiquement répondu par un rejet massif, des dérapages verbaux et des pétitions hostiles. En 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention d’ouvrir aux couples de même sexe une union civile et un statut du beau parent. En 5 ans, il n’a rien fait.

A l’instar des socialistes espagnols et des socialistes portugais, les socialistes français entendent faire progresser le droit, la société et le respect des individus. C’est avec la victoire de François Hollande en 2012 que la France reprendra le chemin de l’égalité qu’ont déjà emprunté l’Afrique du sud, l’Argentine, la Belgique, le Canada, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède…

 

Pour permettre à chacun de s’approprier l’engagement 31 et d’exprimer ce qu’il va changer dans sa vie, HES a lancé un site : http://mon.engagement31.fr/. Les visiteurs du site pourront choisir une ou plusieurs des propositions de François Hollande en faveur des droits pour les personnes LGBT, et raconter comment cette dernière va changer leur vie.

Dans un élan mesuré de compassion, une courte fenêtre s’ouvre sur la vie de millions de Français

Un froid polaire s’est abattu sur l’Europe et les images des villes paralysées par la neige font l’ouverture des journaux télévisés. Chaque année, c’est la même rengaine. Et chaque année, dans un élan mesuré de compassion de nos journalistes, une courte fenêtre s’ouvre sur la vie de millions de Français qui n’arrivent pas à se chauffer ou pire à se loger correctement. Notre pays compte plus 8 millions de personnes vivant sous le seuil symbolique des 1000 euros par mois, à peine un SMIC. En 2007, nous avons tous le souvenir d’un Nicolas Sarkozy fixant l’objectif de réduction de la pauvreté d’un tiers en 5 ans. Qu’en est-il aujourd’hui ? Trois cents mille personnes sombrent chaque année dans la misère.

En 1954, l’Abbé Pierre lançait un appel de colère face à cette pauvreté. S’en suivit la création d’Emmaüs puis de la Fondation Abbé Pierre. Nombreuses sont les associations et les fondations à agir. Sans doute avons-nous cru que cela suffirait à résorber le mal-logement, la précarité, la détresse ; se dédouaner et se reposer sur les acteurs de la société civile. A l’occasion de la présentation du rapport annuel de la Fondation, les JT ont repris en coeur les images bien huilées du défilé des candidats à la Présidentielle venus s’engager. Mais cet intérêt a été de courte durée, les caméras s’étant vite détournées sur un François Hollande enfariné.

Avons-nous seulement conscience, que chacun d’entre nous peut – et nous ne le souhaitons à personne – perdre son travail, perdre son logement, perdre pied ? Le modèle social mis en place par le Conseil national de la Résistance a certes un coût élevé, personne ne peut le nier, mais offre une liste infinie d’avantages pour l’ensemble de notre pays : il garantit une société solidaire qui n’est pas basé sur le profit individuel. Quand on sait qu’il faut autant de temps pour sortir de la spirale de la précarité que de temps pour y rentrer, il est de notre responsabilité d’agir. Il est inadmissible qu’en 2012 il faille choisir entre se nourrir, se soigner ou se chauffer. Il nous est interdit de nous résigner.

 

François Hollande propose quant à lui la construction au cours du quinquennat de 2,5 millions de logements, dont 150 000 logements très sociaux, grâce au doublement du plafond du livret A ; l’encadrement par la loi des montants des loyers lors de la première location ou à la relocation ; la mise place pour les jeunes d’un dispositif de caution solidaire.

 

Des militants communistes interpellés… pour avoir vendu l’Humanité !

Ian Brossat, Président du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche au Conseil de Paris, nous informe ce que dimanche matin, 8/01/2012, des militants communistes se sont fait interpeller rue Rambuteau par la Police, alors qu’ils vendaient l’Humanité, au motif qu’ils troublaient « l’ordre public ». Parmi eux, se trouvait Evelyne Zarka, adjointe au maire du 4ème arrondissement de Paris.

Depuis quand des militants poliitiques allant de manière tout à fait courtoise à la rencontre des gabitants, constituent-ils une menace ? Ce genre de pratique est indigne de notre police nationale.

Nous devons répondre à la demande de justice sociale

Combien sont les hommes et femmes politiques à placer les questions d’éthique et de transparence au cœur de leurs discours ? L’actualité de cette semaine est effarante, tant pour la Gauche que pour la Droite. D’un côté un ancien ministre soumis à l’ISF qui fait répondre par l’intermédiaire de son avocat qu’il ne quittera pas son logement social de la Ville de Paris n’ayant rien à se reprocher. Une présidente d’un parti de gauche qui a maintenu mordicus pendant des mois qu’elle ne briguerait pas une circonscription à Paris dans le cadre des élections législatives préférant s’investir dans le Val de Marne où elle est élue, tout en prônant des nouvelles méthodes politiques. De l’autre, une maire d’arrondissement qui non contente de siéger au Parlement européen veut être élue envers et contre tous, et en particulier contre un potentiel candidat aux élections municipales de 2014 qui tente un parachutage des plus mal emmanchés, en s’opposant aux rentes de situation. Sans compter sur le Président de la République qui a prôné tout au long de son mandat une République irréprochable, et qui – goutte d’eau dans l’océan de ses mensonges – a réservé une suite à 37 000 € tout en prônant un discours de rigueur qui portera in fine en grande majorité sur les classes populaires.

 

Ces exemples ne sont bien sur pas représentatifs de la moralité de la plus part de nos élus qui effectuent leur mandat avec conviction et sérieux. Mais le décalage entre ce qui est convenue d’appeler « le peuple » et ses élus intervient justement quand ces comportements ne choquent même plus sont ceux qui en sont les auteurs. – Inutile de revenir sur les affaires Woerth et Alliot-Marie -. Comment convaincre de sa probité et de sa volonté de servir l’intérêt général quand ses actions sont en décalages avec ses discours ? Comment s’opposer aux discours qui voudrait que les élus ne soient qu’une « caste » d’intouchables ou pire « tous pourris » ? C’est à cette demande de justice sociale que nous devons répondre. Tous autres discours seraient vains. Heureusement, parfois la patience nous donne raison ; Berlusconi quitte l’Italie après 20 ans de pouvoir, mais dans quel état laisse-t-il son pays ? Après 10 ans de pouvoir de la droite, il est temps de voir arriver le changement !

 

Les 10 ans de la victoire de la Gauche à Paris

Voilà 10 ans, déjà, que Paris s’est mis en mouvement. 10 ans que nous oeuvrons pour que tous les Parisiens habitent la même ville et qu’ils aient tous accès, sans distinction ni discrimination d’aucune sorte, à ce à quoi ils ont droit. Avant l’image de Paris, c’est en premier lieu l’image de la politique locale à Paris qu’il fallait changer en 2001 : « Changeons d’ère », le slogan d’alors, traduisait si bien l’envie de redonner aux Parisiens confiance en leurs représentants, et le droit de cité dans leur propre ville. Rappelons nous ce que Paris a été, la manière dont la Ville était gérée, les fautes d’urbanisme qui étaient une atteinte à sa beauté, sans parler des passe-droits généralisés et des électeurs fantômes. Depuis, la transparence s’applique à tous les domaines de l’action municipale : des commissions d’attributions de logements et de places en crèches se sont créées dans chaque arrondissement, pour lutter contre toutes les formes de clientélisme. Nous avons donc restauré une démocratie locale solide, forte de la création de 122 conseils de quartiers, de 4000 conseillers de quartiers, d’un conseil de la Jeunesse, de la vie étudiante, des Parisiens extracommunautaires. Aucune opération d’aménagement ne peut se faire aujourd’hui sans être accompagnée d’une large concertation. En 2010, le droit d’interpellation, qui permet à 3% des Parisiens majeurs qui signent une pétition sur un sujet municipal de le proposer à l’ordre du jour du Conseil de Paris, a parachevé cette attention aux avis des Parisiens. Extrait de la plaquette diffusée à l’occasion des 10 ans de la Victoire de la Gauche à Paris