Pendant que certains se noient dans la méditerranéenne

11935079_10153979205005995_8048578390463995325_nPendant que certains se noient dans la méditerranéenne, d’autres se noient dans le méandres obscures des procédures tatillonnes censées nous protéger. De quoi au juste ? De la misère ? De la violence des conflits dont nous sommes en partie responsable ? Elles ne nous protègent pas en tout cas de la honte qui nous saisit face à une telle déferlante de corps qui couvrent nos plages. Comment des peuples qui ont pu se souder pour mettre fin à la guerre il y a 70 ans sont-ils devenus aussi insensibles face à une telle tragédie humaine ? On ne parle plus d’égoïsme nationaux à ce stade mais d’aveuglement face à des humaines qui ne demandent qu’à vivre. Qu’avons nous fait de la fraternité censée nous unir ? Où est passé la solidarité que nous brandissons tous les jours à la face du monde ? Comment l’Europe a-t-elle pu faire rayonner des siècles durant l’Humanisme, les Lumières, les Droits de l’Homme et aujourd’hui se barricader derrière, au mieux, des normes de papiers, au pire des barrières de barbelées nous rappelant les pires heures de notre histoire commune.

Tandis que certains s’ébaudissent dans des gargotes à l’ombre des grandes tours détentrices du savoir de l’humanité

Tandis que certains s’ébaudissent dans des gargotes, à l’ombre des grandes tours détentrices du savoir de l’humanité, dans les vapeurs des barbecues, des chichas et autres volutes d’alcool, certains tentent de (sur)vivrent, entassés dans des abris de fortune. D’un côté, le prélassement après une journée de labeur allongés dans un transat, ou bien l’activité sportive pour profiter des douceurs de cette fin d’été. De l’autre, non plus des SDF devenus presque sédentaires dans leurs cagibis libérés

de leur précédentes occupations dans les piles des ponts, non plus les Roms alignés en famille, mais des dizaines de réfugiés qui ont fuit la violence de leur pays. Personne ne se mélange. Personne ne se parle. Chacun vit, à quelques centimètres l’un de l’autre, dans un univers clôt par un horizon imaginaire. Dans ce Paris du 21ème siècle, la misère refait à nouveau surface, provoquée par des conflits qui n’ont cessé depuis des années d’inonder nos journaux. Alors, chacun vaque. A nous les loisirs. A eux l’oisiveté forcée de ceux qui voudraient bien travailler pour exister. Nous ne voulons pas les voir pour ne pas mettre en péril nos propres valeurs – celles de la solidarité et de la fraternité – tant qu’elles nous concernent nous-mêmes et non pas les autres qui ne sont pas issus de nos propres villages.

Banksy

Banksy

Pourtant, de l’autre côté de la Méditerranée, à proximité immédiate de l’Europe, les conflits ne vont pas s’interrompre. Ceux qui pourront fuir continueront à le faire. Pourquoi en serait-il autrement ? Plus de 70 ans sans conflit à l’intérieur de nos frontières nous ont-ils à ce point engourdis l’esprit ? La guerre du Kosovo n’a t-elle pas été une violente piqure de rappel ? Alors, oui, ils seront toujours présents à Paris, à Calais et ailleurs. Alors, oui, ne pas les regarder en face, c’est nous complaire dans notre propre confort matériel. C’est nier leur Humanité. Nous semblons impuissants et démunis face à des mouvements de populations que l’Europe n’avait pas vu depuis 1939. Rien ne serait pire que l’indifférence. Ils ne demandent qu’à vivre ! Aidons-les.